Le Cadre Permanent de Concertation de la Femme Congolaise (CAFCO), en collaboration avec la Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), a organisé une rencontre publique, vendredi 27 février 2026 à Kinshasa, réunissant des femmes politiques et des actrices de la société civile autour des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que de leurs agendas respectifs « Femmes, paix et sécurité » (FPS) et « Jeunesse, paix et sécurité » (JPS).
Au cœur des échanges : l’appropriation communautaire de ces instruments internationaux en République démocratique du Congo, où un Plan d’action national de mise en œuvre de la Résolution 1325 existe déjà, mais dont l’impact sur le terrain demeure jugé insuffisant.
Selon cette plateforme de la société civile, engagée depuis plusieurs années dans le plaidoyer pour les droits des femmes et leur participation aux processus de paix, près de 26 ans après l’adoption de la résolution 1325, les avancées sont visibles sur le plan normatif, mais restent mitigées dans la pratique. La participation des femmes aux débats publics, leur accès aux médias et leur implication effective dans les mécanismes de paix demeurent faibles. En cause notamment : la précarité économique des femmes et des jeunes ainsi qu’une préparation insuffisante aux joutes politiques.
Pour Grâce Lula, directrice exécutive du CAFCO, cette rencontre vise à doter les participantes d’outils concrets pour influencer les processus de réconciliation, de résolution des conflits et de reconstruction post-conflit.
« Ces deux résolutions restent des outils très puissants pour permettre aux femmes et aux jeunes d’influer sur des processus de réconciliation, de résolution de conflits, de construction de paix et de réhabilitation post-conflit. Nous avons convié des femmes politiques et celles de la société civile pour les aider à s’approprier et à capitaliser ces instruments afin qu’elles en fassent large écho au sein de leurs bases respectives », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que lors du dialogue intercongolais, la présence significative des femmes comme expertes et déléguées avait été le fruit d’un plaidoyer soutenu, démontrant qu’en tant que principales victimes des conflits, elles ne peuvent pas être exclues des négociations de paix.
Au-delà des thématiques abordées, Grâce Lula a également évoqué la candidature de Juliana Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), appelant à une mobilisation des énergies positives pour assurer sa victoire. Elle a, par ailleurs, plaidé pour qu’à terme, une femme puisse accéder au poste de secrétaire générale des Nations unies.
Parmi les intervenantes, Marie-Ange Lukiana, ancienne ministre du Genre, a proposé des stratégies concrètes pour renforcer l’appropriation de la résolution 1325 par les femmes politiques et les organisations féminines, insistant sur la vulgarisation auprès des bases et le renforcement des capacités.
De son côté, Gisèle Kapinga, commissaire à la Commission nationale des droits de l’homme, a présenté les résultats d’enquêtes menées dans des camps de déplacés, mettant en lumière la vulnérabilité des femmes et des enfants. Elle a encouragé l’utilisation de la résolution 1325 comme outil de plaidoyer pour améliorer leurs conditions de vie et renforcer leur protection dans les zones affectées par les conflits.
La députée nationale Christelle Vuanga a, quant à elle, insisté sur la complémentarité entre la résolution 1325 et la résolution 2250. Elle a souligné que les agendas FPS et JPS doivent être articulés pour faire de la jeunesse un moteur de cohésion sociale plutôt qu’un facteur de déstabilisation.
Adoptée le 31 octobre 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies reconnaît le rôle crucial des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix. Elle appelle les États à garantir leur participation pleine et entière aux processus décisionnels liés à la paix et à la sécurité.
Quant à la résolution 2250, adoptée le 9 décembre 2015, elle met en lumière le rôle des jeunes dans la prévention des conflits et la construction de sociétés pacifiques et inclusives.
Merveil Molo