RDC : une question orale avec débat adressée au ministre de la Justice sur le travail des magistrats et les conditions de détention

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Le député national Joseph Nkoy Wembo a adressé une question orale avec débat au ministre d’État en charge de la Justice afin d’obtenir des éclaircissements sur les conditions de travail des magistrats ainsi que sur les conditions de détention des prévenus et inculpés dans les prisons en République démocratique du Congo.

Dans une correspondance datée du 6 mars 2026, l’élu de Katako-Kombe demande au président de l'Assemblée nationale de transmettre cette question au ministre de la Justice, conformément aux dispositions du règlement intérieur de la chambre basse du Parlement.

Dans son argumentaire, Joseph Nkoy critique notamment la mesure interdisant les transferts des détenus vers le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (prison de Makala), prise par le ministre de la Justice en raison du surpeuplement de cet établissement pénitentiaire et des risques liés à la propagation de l’épidémie de choléra.

Selon lui, cette décision ne résout pas le problème de fond et pourrait même aggraver les conditions de détention dans d’autres lieux de garde à vue.

« La mesure du ministre interdisant les transferts des détenus à la prison centrale de Makala au motif de surpeuplement favorisant ainsi la propagation de l’épidémie de choléra ne tient pas, puisque le ministre n’a pris aucune mesure pour désengorger les amigos, où les détenus vivent dans des conditions parmi les moins humaines, sans structures de santé pour les soins primaires ni installations hygiéniques », a écrit le député national.

À travers cette démarche parlementaire, Joseph Nkoy entend interpeller le gouvernement sur la situation des détenus et sur les conditions de travail des magistrats, après la tournée de visite effectuée par le ministre de la Justice dans plusieurs juridictions et offices judiciaires.

La question s’inscrit dans un contexte de surpopulation chronique des établissements pénitentiaires en RDC. À Kinshasa, le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (prison de Makala), construit en 1957 à l’époque coloniale pour une capacité d’environ 1 500 détenus, héberge aujourd’hui plus de 11 000 prisonniers, selon les chiffres régulièrement évoqués par l’administration pénitentiaire et les organisations de défense des droits humains.

Cette surpopulation carcérale est aggravée par le nombre très élevé de détenus en détention préventive, dont beaucoup attendent leur jugement depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Merveil Molo