Affaire Dr David : le Synamed annonce le dépôt de son cahier de charges auprès de la première ministre ce mardi

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Le Syndicat national des médecins (Synamed) a réagi à l’affaire du docteur David Balanganayi, filmé en train de maltraiter une accouchée la semaine dernière, ainsi qu’à celle du docteur Nicole Muanda, morte dans des circonstances obscures.

Au cours d’un point de presse animé le lundi 30 mars 2026, le secrétaire général, Jhon Senga, a qualifié le traitement de ces deux dossiers de « deux poids, deux mesures ».

« Le feuilleton porté par les médecins du service public de l’État, au lieu de s’alléger, continue à peser sur leurs épaules. De plus en plus, ces professionnels de santé sont très inquiets du traitement qui leur est réservé par leur principal employeur, qui est le gouvernement de la République. La semaine passée, la communauté nationale a vécu deux événements majeurs qui ont inondé les réseaux sociaux. Comme vous pouvez le constater, l’opinion politique et populaire a choisi de n’en retenir qu’un seul et d’éluder totalement l’autre. Les deux incidents concernent deux femmes congolaises dans des circonstances particulières. D’abord, celui concernant les faits qui se sont passés à Kinshasa, pour lesquels le Synamed présente ses vives regrets à toutes les femmes », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « L’autre événement, plus dramatique que le premier, concerne le décès, dans des circonstances suspectes et obscures, d’une dame médecin répondant au nom du docteur Nicole Muanda. Pour ce deuxième incident, les politiques et la population ont décidé de fermer les yeux et de boucher les oreilles, parce qu’il s’agit d’un médecin qui n’a que des devoirs et non des droits. Pas un seul mot pour la famille de la consœur disparue ni même pour la communauté médicale ».

Le Synamed s’est toutefois indigné des incidents à l’hôpital de Monkole, fustigeant le manque de maîtrise de l’équipe soignante.

Mais il a exhorté la justice à traiter cette affaire sans pression politique ni influence des réseaux sociaux, soutenant que « visiblement, dans cette affaire, aucune intention de nuire ne peut être retenue à l’encontre de l’équipe soignante ».

Le Synamed a, par la même occasion, décrié l’ingérence des politiques dans cette affaire, s’interrogeant sur le risque de perdre une vie humaine si l’hémorragie n’avait pas été stoppée.

« Le Synamed a fustigé l’immiscion des politiques dans les décisions de l’Ordre des médecins. Pour les observateurs avertis, les responsabilités ne peuvent être imputées à la seule équipe soignante. Elles doivent être partagées avec les politiques qui nous gouvernent et qui ne sont pas capables d’équiper correctement nos hôpitaux. La preuve est irréfutable et évidente : l’accouchée, encore en vie, a été transférée dans un centre médical privé par la distinguée première dame de la République, que le Synamed remercie vivement pour ce geste de cœur, alors que de nombreux hôpitaux publics existent à Kinshasa (...). Le choix d’une structure médicale privée est certainement motivé par les mauvaises conditions de travail dans les structures étatiques », a-t-il ajouté.

Jhon Senga a par ailleurs annoncé une rencontre avec la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, dès ce 31 mars en vue de lui déposer leur cahier de charges contenant leurs revendications.

« Le Synamed informe l’opinion tant nationale qu’internationale du dépôt, ce mardi 31 mars 2026, de son cahier de charges auprès de Son Excellence Madame la première ministre, cheffe du gouvernement. Ce cahier de charges reprend tous les problèmes qui prévalent dans le secteur de la santé en général, ainsi que les revendications et attentes des médecins du service public de l’État en particulier. Le Synamed espère que cette fois-ci, la Première ministre sera disposée à recevoir le bureau exécutif national afin d’échanger de vive voix sur ledit cahier de charges », a-t-il précisé.

Le Synamed compte aussi déposer des recommandations « pertinentes » au Parlement afin d’éviter ces drames qui, selon eux, « peuvent être un arbre qui cache la forêt ».

Christel Insiwe