RDC : « L'Église du Congo » appelle à une révision constitutionnelle pour consacrer un « État dédié à Dieu »

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Le Rassemblement des enfants de Dieu pour la transformation du Congo (REDTCO), une société civile à caractère religieux, appelle à une révision constitutionnelle pour consacrer « un Etat dédié à Dieu ». Son président, l'Archevêque Léonard Matebwe Lambalamba, l'a dit lors d'un point de presse organisé à Kinshasa, le jeudi 02 avril 2026.

Portée par une large coalition de tous les enfants de Dieu, le Docteur Léonard Matebwe Lambalamba a expliqué que cette démarche engagée depuis 2005 se veut l’expression d’une unité spirituelle inédite autour de la transformation de l’État.

« Cette fois-ci, les enfants de Dieu sont unanimes, les kimbanguistes, les catholiques, les protestants, les pentecôtistes, les autochtones, l’Église des Noirs, les indépendants… Tous, derrière les mots d’ordre du REDETCO, disent que la Constitution doit changer, ou doit être changée, partant de son premier article, alinéa 1. », a-t-il déclaré au micro tendu par 7SUR7.CD.


Le REDETCO propose ainsi de revisiter les fondements de la République afin d’y inscrire explicitement une référence à Dieu. Au cœur de cette proposition figure une critique directe du principe de laïcité de l’État congolais, jugé incompatible avec la réalité sociologique du pays.

« La laïcité de l’État congolais, c’est une trahison du peuple. Puisqu’il s’agit maintenant de renforcer les bases de la nation congolaise, appelée à devenir prospère, il est temps de remettre Dieu à sa vraie place de créateur. Le pays doit désormais être dédié à Dieu. Les Congolais sont un peuple profondément religieux. C’est la terre de Dieu. Même dans les discours de nos autorités, ils parlent toujours de Dieu, ils prient et aiment Dieu. », a-t-il insisté.

Dans son argumentaire, l'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba a développé une conception de la démocratie étroitement liée à la foi majoritaire des citoyens.

« La laïcité au Congo est un crime contre la démocratie. La démocratie, en tant que pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, doit désormais tenir compte de la volonté du peuple qui est à plus de 90 % religieux. Par conséquent, décider unilatéralement et laïciser l’État congolais sans obtenir l’aval du souverain primaire, c’est sans plus ni moins assassiner la démocratie. », a-t-il martelé.

Pour trancher ce débat, le REDETCO appelle à l’organisation d’un référendum national, considéré comme le moyen le plus légitime de consulter les Congolais sur la nature de leur État.

« Laissons le peuple décider par la voie du référendum, non par les congrès qui est un procédé politique moins fiable. », a-t-il conclu.

À travers cette proposition, le REDETCO ouvre un débat de fond sur l’avenir institutionnel de la RDC, entre affirmation religieuse, principes démocratiques et équilibre des pouvoirs.

Patient Lukusa, à Lubumbashi