Lubumbashi : des enseignants des écoles catholiques en grève pour dénoncer les retards de salaire

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La reprise des cours après les vacances de Pâques a été marquée par une absence remarquée des enseignants dans plusieurs écoles catholiques de la ville de Lubumbashi dans le Haut-Katanga, ce lundi 13 avril 2026.

Les élèves des écoles primaires qui sont arrivés ce matin dans leurs établissements ont constaté l'absence des enseignants. Une situation confirmée par le président syndical des enseignants du réseau catholique, Kadi Ilunga à 7SUR7.CD.

« Oui, je confirme qu’il n’y a pas cours aujourd’hui », a-t-il déclaré, évoquant une décision prise avant les vacances pascales face à des retards récurrents dans le paiement des salaires.

Selon lui, les enseignants avaient conditionné leur reprise à la régularisation des salaires avant le 5 du mois. Une échéance qui n’a pas été respectée. Face à cette situation, les enseignants ont décidé de rester à la maison pendant deux jours, soit lundi et mardi, pour exprimer leur mécontentement.

« Les enseignants resteront à la maison aujourd’hui et demain pour manifester leur mécontentement par rapport à cette situation qui devient vraiment récurrente », a expliqué Kadi Ilunga.

Il précise toutefois qu’une reprise des cours est prévue le mercredi, tout en avertissant que ce type de mouvement pourrait devenir systématique en cas de persistance du problème.

« Si ça continue, ça sera chaque mois comme ça », a-t-il prévenu.

Au cœur des revendications, la régularité du paiement des salaires. Les enseignants dénoncent des retards qui dépassent désormais un mois.

« Le salaire est payé du 20 au 20. Mais depuis le mois de janvier, il arrive toujours avec 30 ou 40 jours de retard. Nous avons trouvé que ça risque de devenir une habitude », a-t-il expliqué.

Le mot d’ordre de grève ne concerne pas uniquement les écoles catholiques. Il a été décidé en synergie avec d’autres réseaux, notamment protestants et non conventionnés.

« C’était une assemblée en synergie. Il y avait les protestants, les non-conventionnés et les catholiques », précise Kadi Ilunga.

Les enseignants lancent un appel pressant aux autorités nationales et provinciales pour une prise en charge rapide de leurs préoccupations. Une correspondance a déjà été adressée à la ministre nationale de l’Éducation pour cette fin.

« Si on peut régulariser la paie, c’est très bien, mais que ça soit quand même régulier. Je ne peux pas comprendre qu’un enseignant de primaire qui touche 400 ou 500 (mille, ndlr) puisse faire deux mois sans être payé », a-t-il regretté.

Par ailleurs, dans les écoles privées, les cours ont bel été repris comme l'ont constaté le ministre provincial de l'éducation nationale, Max Mpande, accompagné des autorités de l'inspection provinciale de l'éducation. La régularité des salaires apparaît ainsi comme un enjeu crucial pour garantir la continuité et la qualité de l’enseignement à Lubumbashi.

Patient Lukusa, à Lubumbashi