Kinshasa : ouverture du procès des présumés braqueurs d’un cambiste à Barumbu

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Le Tribunal militaire de garnison de la Gombe, siégeant en matière répressive au premier degré, a ouvert, ce vendredi 23 avril 2026, le procès des présumés auteurs du braquage d’un cambiste survenu dans la commune de Barumbu, à Kinshasa.

Selon l’acte d’accusation, les malfrats auraient dépouillé leur victime d’une somme estimée à 20 millions de francs congolais, 9 950 dollars américains ainsi que de plusieurs téléphones portables.


Trois prévenus comparaissent devant la juridiction militaire : Kabutuka Musoka Josué, Kipoyi Mananga Israël et Kalabayo Muyika Christian. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi que pour vol à main armée.

Après leur identification, le tribunal a rappelé les faits. Ceux-ci se seraient déroulés le 9 avril 2026, vers 17 heures, au numéro 4 bis de l’avenue Luapula, quartier Mozindo, dans la commune de Barumbu. D’après le juge président, les prévenus se seraient associés dans le but d’attenter à la vie d’un cambiste nommé Botuna Salomon.

Le tribunal a également indiqué que, selon le ministère public, les accusés étaient en possession d’une arme de type AK-47 (numéro 19976), accompagnée de cinq chargeurs contenant au total 83 munitions de guerre.

Ces faits constituent l’infraction de détention illégale d’armes et de munitions de guerre, passible de 20 ans de servitude pénale.

S’agissant du vol à main armée, la juridiction a précisé que les prévenus auraient, sous la menace d’une arme à feu, extorqué les biens de la victime, une infraction également punie de la peine de mort par la législation en vigueur.

Faute d’exceptions soulevées par la défense, le tribunal a directement abordé le fond de l’affaire. À la barre, les trois prévenus ont catégoriquement nié les faits.

Le premier à être auditionné, Kipoyi Mananga Israël, qui se présente comme développeur web, a affirmé ne connaître aucun de ses coaccusés, si ce n’est lors de leur audition à la police et à l’auditorat.

Il explique avoir été arrêté alors qu’il revenait d’une formation en moto-taxi, au moment où des coups de feu retentissaient dans la zone :

« J’ai vu deux personnes s’approcher de moi, l’une en uniforme et l’autre en civil. Pensant qu’il s’agissait des criminels, j’ai pris la fuite. Ce sont finalement des militaires qui m’ont arrêté en me confondant avec les malfrats. »

De son côté, Kabutuka Musoka Josué, qui se présente comme motocycliste, a également rejeté les accusations. Il affirme avoir été victime du vol de sa moto par les véritables assaillants alors qu’il revenait de Bandalungwa.

En tentant de les poursuivre, il aurait été pris à tort pour un criminel par la population, puis tabassé avant l’intervention des forces de l’ordre. Une version similaire a été soutenue par le troisième prévenu, Kalabayo Muyika Christian.

Se présentant lui aussi comme motard, il affirme avoir été confondu avec les braqueurs en raison de sa tenue vestimentaire, ressemblant à celle d’un des suspects.

En réaction, le ministère public a estimé que les prévenus ont adopté une stratégie de dénégation systématique. Il a rappelé qu’au cours des enquêtes menées par la police et le parquet, les trois accusés seraient passés aux aveux, comme en attestent les procès-verbaux. L’audience a été suspendue en raison de la pluie et renvoyée au vendredi 24 avril 2026 pour la poursuite de l’instruction.

À noter que le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a personnellement assisté à cette audience, témoignant de l’intérêt du gouvernement pour le renforcement de la sécurité des personnes et de leurs biens en République démocratique du Congo.


ODN