À la suite de son passage sur un plateau de télévision, où elle a passé en revue l’actualité nationale — de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC à l’accueil de 15 réfugiés latino-américains expulsés des États-Unis — la Première ministre congolaise Judith Suminwa a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique.
Au cœur de la polémique : son refus de divulguer certains détails relatifs à cette opération, menée dans le cadre d’un accord entre la RDC et les États-Unis. Une réserve qui n’a pas manqué d’alimenter interrogations et spéculations.
Pour Christian Ntabalinzi, acteur politique congolais et président du parti Engagement citoyen pour la République (ECR), cette posture relève avant tout d’une stratégie de communication politique mal comprise par une partie du public. Selon lui, toutes les informations issues d’accords entre États ne sont pas destinées à être rendues publiques.
« Ne pas révéler la nationalité des 15 réfugiés ne signifie nullement une méconnaissance du dossier. Il s’agit plutôt d’éviter de désorienter l’opinion et de prévenir la propagation de certains clichés, surtout dans un contexte médiatique international dont nous connaissons les biais. La cheffe du gouvernement a eu raison de garder cette réserve, d’autant plus que le séjour de ces réfugiés est temporaire », a-t-il expliqué.
Abordant également les questions liées à la situation sécuritaire, à la prise en charge de l’armée ainsi qu’aux contours de l’accord RDC–USA, Christian Ntabalinzi insiste sur la nécessité de préserver la confidentialité de certaines informations stratégiques. « Les affaires d’État ne se gèrent pas sur la place publique. Ce n’est pas sur un plateau de télévision que l’on expose les stratégies ni le contenu des accords entre États », a-t-il conclu.
Christian Dimanyayi