Sanctions américaines visant Joseph Kabila : le gouvernement salue un acte « important » contre l’impunité

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo salue la décision du Département du Trésor des États-Unis d’Amérique, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), d’imposer des sanctions ciblées contre l’ancien président Joseph Kabila Kabange.

Dans un communiqué publié le jeudi 30 avril 2026 par le ministère de la Communication et Médias, l’exécutif congolais indique que cette mesure intervient en raison de « son implication dans l’agression menée et poursuivie contre la République démocratique du Congo par les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs supplétifs de l’AFC/M23 ».

Le gouvernement considère cette décision comme « un autre acte important en faveur de la lutte contre l’impunité, du respect de la souveraineté et de la responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans la déstabilisation persistante de la République démocratique du Congo ».

Il souligne également sa portée opérationnelle, notamment en limitant les capacités de « mobilisation financière, de circulation d’avoirs et de soutien logistique susceptibles d’alimenter le conflit ».

Le communiqué rappelle que la justice congolaise s’est déjà prononcée sur ce dossier, condamnant l’intéressé pour plusieurs infractions graves, notamment trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre et atteinte à la sûreté de l’État.

Selon le gouvernement, l’agression attribuée aux Forces de défense rwandaises et à leurs alliés, « en complicité avec M. Joseph Kabila », continue d’entraîner des pertes en vies humaines, des déplacements forcés de populations, d’importantes destructions ainsi que de graves violations des droits humains dans l’Est du pays.

Les autorités congolaises expriment par ailleurs leur reconnaissance à l’administration américaine pour cette décision, qu’elles inscrivent dans le cadre des efforts visant au respect des engagements pris à travers les Accords de Washington. Elles appellent aussi à l’adoption de mesures « dissuasives » contre l’ensemble des acteurs impliqués dans l’instabilité régionale.

Le gouvernement insiste sur le fait qu’« aucun processus de paix crédible ne peut prospérer sur l’effacement des responsabilités établies, l’impunité et l’oubli des victimes », affirmant que la paix « durable » repose sur « la vérité, la justice, la réparation et la garantie de non-répétition ».

De plus, Kinshasa rappelle que le retour de la paix passe notamment par le retrait « immédiat » et « sans condition » des Forces de défense rwandaises du territoire congolais, ainsi que par la cessation de tout soutien au M23/AFC, « conformément aux engagements internationaux en vigueur ».

Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme poursuivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre des processus en cours, en vue du rétablissement de la sécurité et de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

Raphaël Kwazi