RDC : « Il est hors de question qu’un homme aille au-delà du délai constitutionnel pour tenter de briguer un troisième mandat » (Bruno Tshibala)

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Au cours d’un point de presse tenu ,ce mardi 12 mai à Kinshasa, l’ancien Premier ministre Bruno Tshibala a mis en garde contre toute tentative de remise en cause de la limitation des mandats présidentiels en RDC.

Il a rappelé au président Félix Tshisekedi les fondements du combat mené pendant plusieurs décennies par l’UDPS sous la conduite d’Étienne Tshisekedi, caractérisés par le respect de l’alternance au pouvoir et la limitation des mandats.

« Pour ne pas vivre la mauvaise expérience qu’a connue le pays sous Mobutu, il a été convenu et décidé qu’un président élu ne peut exercer qu’un mandat de cinq ans renouvelable une et une seule fois. Il est dès lors hors de question qu’un homme aille au-delà de ce délai pour tenter de briguer un troisième mandat proscrit par le peuple », a-t-il déclaré.

L’ancien chef du gouvernement a soutenu que ce principe avait été défendu par l’UDPS aussi bien à la Conférence nationale souveraine qu’au dialogue intercongolais de Sun City.

« Cet acquis important, arraché à ceux qui avaient les armes en main par l’opposition politique, UDPS en tête, ne peut être bradé et doit demeurer inchangé et irremplaçable », a-t-il insisté, estimant que la RDC a besoin «d’institutions fortes et stables et non d’hommes forts qui se cramponnent au pouvoir indéfiniment ».

S’agissant d’une éventuelle révision de la Constitution,Bruno Tshibala a rappelé que certaines dispositions restent verrouillées par l’article 220 de la Constitution.

Dans la foulée, cet ancien collaborateur du « sphinx de Limete » a proposé que toutes les réflexions sur les réformes institutionnelles soient soumises au dialogue national inclusif à venir afin d’être examinées dans un cadre impartial.

Il a également exhorté Félix Tshisekedi à suivre l’exemple de Xanana Gusmão, combattant de la liberté et de l’indépendance du Timor oriental et premier président de ce pays.

« En adoptant une telle attitude face aux hommes sans convictions, aux pasteurs, évêques et archevêques autoproclamés, accourus vers lui parce qu’il est détenteur de l’impérium et des gains qu’ils pourront en tirer, il deviendra grand et prouvera qu’il mène la politique de façon désintéressée, comme son père Étienne, d’heureuse mémoire », a-t-il souligné.

À propos du dialogue, l’ancien Premier ministre a soutenu que la négociation a toujours constitué le principal mécanisme de résolution des crises politiques et sécuritaires en RDC depuis l’indépendance.

Il a estimé qu’un dialogue entre les protagonistes congolais demeure indispensable pour mettre fin aux violences dans l’Est du pays et favoriser la réunification du territoire national.

Il a, à cet effet, appelé les autorités à lever les derniers blocages avec la CENCO afin de permettre l’organisation de ces assises.

Toutefois, Bruno Tshibala a regretté que les pressions exercées autour d’un changement constitutionnel proviennent, selon lui, de personnes « qui ont rejoint en vrac le président Félix Tshisekedi parce qu’il est détenteur de l’impérium », dans le but de « jouir davantage des dividendes que leur procure le pouvoir ».

« Les valeurs pour lesquelles son père, ses compagnons et l’UDPS se sont battus sont reléguées au second plan », a-t-il déploré.

Lors de sa conférence de presse du 6 mai dernier, Félix Tshisekedi avait déclaré :

« Je n’ai pas sollicité un troisième mandat (…) mais si les Congolais me demandent de revenir au front, je serai à leur disposition ».


Merveil Molo