Le Conseil national des Églises communautaires catholiques indépendantes, coptes et orthodoxes (CNECCICO) a officiellement affiché son soutien au changement de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée le 22 juin et adressée au président de la République, Félix Tshisekedi, cette plateforme religieuse appelle le chef de l'État à engager le processus référendaire prévu par l'article 218 de la Constitution, estimant que cette réforme répond à « la volonté du peuple ».
« Le Conseil national des Églises communautaires catholiques indépendantes, coptes et orthodoxes, avec les Laïcs engagés, optent pour le changement de la Constitution. Ceci est la volonté du peuple qui demande au Chef de l'État d'user de ses prérogatives de l'article 218 de la Constitution pour achever le processus du référendum déjà amorcé quant à ce et sans délai, pour sauver le pays de l'emprise du néocolonialisme et de toute forme de dépendance et de servitude », peut-on lire dans cette déclaration.
Pour ces responsables religieux, la Constitution actuelle ne répond plus aux réalités de la RDC. Ils estiment qu'elle est le produit d'un contexte exceptionnel, marqué par les accords de Sun City, et qu'elle présente aujourd'hui des limites qui justifient sa révision.
« Le contexte dans lequel la Constitution actuelle a été conçue ne représente aucune légitimité véritable. Notre actuelle Constitution a été conçue en dehors de notre pays, dans le cadre des négociations de Sun City en Afrique du Sud, sous l'influence de puissances étrangères », soutiennent-ils.
Les signataires affirment également que le texte fondamental comporte « plusieurs incongruités, insuffisances et zones d'ombre » qui, selon eux, « ont contribué à l'insécurité, à l'infiltration et à l'instabilité socio-politique et économique » du pays. À leurs yeux, le moment est venu d'engager une réforme profonde.
« Certes, le contexte actuel exige non seulement une réforme, mais une révolution des acquis d'un tel héritage », écrivent-ils, estimant que la Constitution doit évoluer pour répondre aux défis actuels de la RDC.
Le CNECCICO rappelle par ailleurs que la Constitution de 2006 a déjà fait l'objet d'une révision en 2011 et cite plusieurs pays, notamment la Chine et la France, où les Constitutions ont connu plusieurs modifications, afin de démontrer qu'un changement de la loi fondamentale ne constitue pas une exception.
Ces responsables religieux exhortent ainsi le président Félix Tshisekedi à poursuivre le processus.
« Nous demandons encore une fois de plus au Chef de l'État, en tant que garant des institutions de la République, d'agir en toute liberté devant la décision ultime pour le redressement de notre pays », insistent-ils.
Enfin, les Églises communautaires catholiques indépendantes, coptes et orthodoxes invitent la population congolaise à soutenir le référendum qu'elles appellent de leurs vœux.
« L'heure de la vérité a sonné pour rappeler au peuple qu'il est le souverain primaire qui doit décider de son destin et, le cas échéant, accepter le référendum pour changer ce qui a été opaque dans notre Constitution afin de lui permettre d'avoir un autre cadre », concluent-elles.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur un éventuel changement de la Constitution continue d'alimenter la scène politique congolaise. Si la majorité présidentielle défend l'ouverture de cette réforme, plusieurs partis d'opposition et organisations de la société civile s'y opposent, estimant qu'elle ne constitue pas une priorité au regard des défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
Merveil Molo