Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, a obtenu de l’Ouganda un engagement visant à faciliter, sous certaines conditions, le passage de catégories spécifiques de personnes à la frontière entre les deux pays, malgré les mesures de fermeture prises dans le cadre de la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola.
Cette décision intervient alors que les autorités du Nord-Kivu s’inquiètent des conséquences de la fermeture de la frontière sur les mouvements de personnes, notamment les commerçants, les élèves et étudiants ainsi que certains patients congolais se rendant en Ouganda pour des soins et vice-versa.
Selon Prisca Luanda Kamala, coordinatrice principale du gouverneur militaire du Nord-Kivu chargée de la santé, Kampala s’est engagé à examiner les modalités permettant à certaines catégories de personnes de franchir la frontière, tout en maintenant les mesures de contrôle sanitaire destinées à limiter les risques de propagation du virus.
« L’objectif est de rechercher des solutions urgentes pour éradiquer cette maladie qui continue de frapper durement notre population », a déclaré Mme Luanda Kamala.
Dans le cadre de cette coopération sanitaire, Mme Luanda Kamala s’est rendue en Ouganda, notamment à Mbarara, où elle a participé à une réunion de coordination consacrée à la riposte contre Ebola.
Elle a également visité le centre de traitement d’Ebola de Mpondwe, situé près de la frontière avec la RDC, afin d’évaluer les dispositifs sanitaires mis en place par les autorités ougandaises.
Au-delà de la question frontalière, Kampala a annoncé le renforcement de son appui médical à la RDC. Des médecins spécialistes ougandais déjà déployés au Nord-Kivu doivent effectuer prochainement des missions de terrain, notamment à Katwa, à Butembo.
Ces spécialistes doivent contribuer à une meilleure compréhension de la situation épidémiologique locale et à l’évaluation des besoins de la riposte.
L’un des principaux engagements annoncés par l’Ouganda concerne également la mise en place prochaine d’un laboratoire mobile à Butembo. Cette infrastructure doit permettre de renforcer les capacités locales de diagnostic et de réduire les délais de détection des cas suspects.
Les autorités du Nord-Kivu considèrent cette coopération transfrontalière comme essentielle dans la lutte contre Ebola, alors que les échanges commerciaux et les mouvements de populations entre la RDC et l’Ouganda rendent nécessaire une coordination étroite entre les deux pays.
David Lupemba, à Beni