Le personnel administratif de l’Assemblée nationale a déposé, mardi 18 août, une pétition auprès du président de la chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, visant notamment le secrétaire général de l’institution. Les pétitionnaires demandent sa suspension préventive, le temps qu’une enquête soit menée sur les faits qu’ils lui reprochent.
La pétition a été lue vers 13 heures par Joël Kayij Moutomb, président du Comité syndical de crise, devant plusieurs professionnels des médias, avant d’être officiellement déposée en présence de nombreux cadres et agents de l’administration parlementaire.
S’appuyant sur l’article 27 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui garantit le droit de pétition, les initiateurs dénoncent plusieurs pratiques qu’ils jugent préoccupantes dans la gestion de l’administration de l’Assemblée nationale.
Ils évoquent notamment une gestion qu’ils qualifient d’opaque de la prime permanente, l’omission de certains agents pourtant considérés comme éligibles, ainsi que le non-respect de certaines décisions de mise à la retraite notifiées par le ministère de la Fonction publique.
Selon les pétitionnaires, aucun seuil précis de signatures n’étant fixé par la Constitution pour l’exercice du droit de pétition, ils s’étaient fixé pour objectif de recueillir les signatures d’au moins un dixième de l’effectif administratif. Ils affirment avoir finalement obtenu plus d’un tiers des signatures.
Pour les initiateurs, cette mobilisation traduit la volonté d’une partie importante du personnel de dénoncer ce qu’ils présentent comme des « antivaleurs » au sein de l’administration, malgré les craintes liées aux éventuelles conséquences de leur démarche.
La pétition vise particulièrement le secrétaire général de l’Assemblée nationale. Les agents demandent sa suspension préventive pendant la durée de l’enquête, afin de permettre aux services compétents de vérifier les faits qui lui sont reprochés.
Si les accusations étaient établies à l’issue de cette enquête, les pétitionnaires sollicitent l’application des mesures appropriées, pouvant aller jusqu’à la révocation du secrétaire général.
La démarche devrait se poursuivre ce mercredi 19 août. Les initiateurs prévoient également de soumettre leur pétition au vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique. Le document étant adressé conjointement au président de l’Assemblée nationale et au VPM, ils souhaitent obtenir l’implication des deux autorités dans l’examen des faits dénoncés et les suites à y réserver.
Les pétitionnaires assurent, par ailleurs, être déterminés à poursuivre leur démarche jusqu’à son terme. Ils attendent désormais des autorités compétentes des réponses et des mesures concrètes concernant les différents griefs soulevés.
Roberto Tshahe