Le secteur de l’Éducation est également touché par l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Au total, 40 sous-divisions éducationnelles sont touchées par la maladie, dont 18 à haut risque.
C’est la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, qui l’a annoncé mardi dernier, lors d’un briefing de presse coanimé avec ses collègues de la Santé publique et de la Communication et Médias.
« Pour nous, au niveau de l'Éducation nationale, dans les provinces administratives qui sont touchées, nous avons 138 sous-divisions éducationnelles. Sur ces 138, il y en a 40 qui sont touchées. Et sur ces 40, il y en a 18 qui sont à haut risque, soit 13 % », a-t-elle fait savoir.
Face à cette situation, le gouvernement de la République a opté pour une rentrée scolaire différenciée le 1er septembre prochain.
« C'est cette situation qui nous permet d'adopter, ensemble avec le ministre de la Santé, une rentrée différenciée. La rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différenciée. Pourquoi ? Parce que l'on peut avoir ces zones vertes qui sont des zones qui ne sont pas touchées par la maladie, les zones oranges qui sont les zones touchées, puis les zones rouges qui, elles, sont à haut risque », a précisé la membre du gouvernement.
Pour garantir une rentrée scolaire effective dans les zones touchées par la maladie à virus Ebola, l’exécutif national a décidé de mettre en place un enseignement à distance.
« Le ministère a un dispositif pour pouvoir réagir et agir dans ce cas. C'est l'enseignement à distance qui, vous le savez, a été officialisé depuis février 2025. Il y a un arrêté qui a rendu l'enseignement à distance légal. C'est tout à fait complémentaire à l'enseignement classique en présentiel. Les enfants qui suivent les enseignements à distance peuvent passer les épreuves certificatives, même l'Examen d'État, selon des dispositifs qui sont précisés dans les mesures d'accompagnement », a affirmé Raïssa Malu.
Pour elle, il ne s’agira pas d’un enseignement en ligne nécessitant du matériel important, mais plutôt de feuilles limitées aux savoirs essentiels qui seront distribuées aux élèves.
« À l'entame, je voudrais être très claire quand je parle d'enseignement à distance. Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou internet. Justement, dans ce cas précis de l'épidémie d'Ebola, 18 zones à haut risque, c'est un enseignement à distance léger, sans internet ni acquisition du matériel qui serait exigé aux enfants. On va adopter un système basé sur des feuilles qui seront produites à partir des programmes, limitées à des savoirs essentiels, et distribuées aux enfants pour leur permettre de continuer le travail à la maison. Et ce dispositif sera accompagné d'émissions radio qui seront complémentaires aux feuilles pour que l'apprentissage continue », a expliqué la ministre de l’Éducation.
L’épidémie d’Ebola continue de sévir en République démocratique du Congo. Le pays compte à ce jour 5 021 cas confirmés, dont 2 378 décès, soit un taux de létalité de 47,4 %, et plus de 1 000 guéris.
Prince Mayiro