Six (6) travailleurs humanitaires ont été tués en République démocratique du Congo entre janvier et juin 2026, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Ce bilan a été rappelé ce mercredi 19 août, en marge de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Dans son message, le Coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC a surtout alerté sur les conditions dans lesquelles les humanitaires exercent leur travail.
« En RDC, les travailleurs humanitaires sont présents là où les besoins sont les plus urgents. Ils viennent en aide aux populations touchées par les conflits, les déplacements forcés, les épidémies et les catastrophes. Ils apportent de l’aide vitale, ils apportent de la dignité et ils apportent de la solidarité, et surtout, ils apportent de l’espoir », a-t-il déclaré.
Cependant, le Coordonnateur humanitaire a déploré le fait que cette mission soit de plus en plus risquée. Il a fait état de plus de 200 incidents ayant affecté le personnel humanitaire entre janvier et juin 2026.
« Leur mission est de plus en plus difficile. Les violences continuent d’alimenter une des crises humanitaires les plus graves au monde. L’utilisation croissante de drones expose davantage les civils et les travailleurs humanitaires et complique l’acheminement de l’aide », a-t-il expliqué.
Cette situation est particulièrement difficile dans l’Est du pays, où les affrontements entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23 continuent de contraindre des civils à se déplacer, compliquant par ailleurs l’accès des humanitaire aux populations.
Pour rappel, à Goma (Nord-Kivu), Karine Buisset, une employée française de l’UNICEF, a été tuée le 11 mars dernier dans une frappe de drones qui a visé une résidence où logeaient des travailleurs humanitaires. L’origine exacte de cette frappe n’a jamais été donnée. Par ailleurs, dans le Sud-Kivu, 2 volontaires de la Croix-Rouge de la RDC, Byamungu Mugisho Kabuha et Mugisho Mparanya Romain, ont également été tués en juin dernier dans le territoire de Walungu alors qu’ils étaient en mission. Des décès qui viennent s’ajouter aux autres incidents enregistrés contre des humanitaires dans l'est du pays.
À cette insécurité s’ajoute désormais la résurgence de la maladie à virus Ebola, qui accroît encore plus les besoins humanitaires dans plusieurs provinces. En marge de ce 19 août, le Coordonnateur humanitaire a également déploré l’insuffisance des moyens pour répondre à cette situation.
« Les besoins humanitaires ne cessent d’augmenter, alors que les ressources, elles, restent largement insuffisantes. Le plan de réponse humanitaire est financé à 47%. Je remercie les partenaires qui nous soutiennent et appelle les autres à se mobiliser davantage », a-t-il exhorté.
OCHA avait déjà fait état de 4 travailleurs humanitaires tués au premier trimestre de 2026, dont 3 au Nord-Kivu et un en Ituri. OCHA regrette qu'avec 6 décès enregistrés au premier semestre, les humanitaires continuent de payer un lourd tribut alors qu’ils restent indispensables dans plusieurs zones touchées par la guerre.
À l’occasion de cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, les Nations unies ont ainsi appelé au respect du droit international humanitaire et à la protection des civils et des travailleurs humanitaires.
« Le droit international humanitaire doit être respecté, les civils doivent être protégés, l’accès humanitaire doit être garanti de manière sûre et sans entrave. Les attaques contre le personnel humanitaire doivent cesser », a insisté le Coordonnateur humanitaire.
Dans l'est du pays, la guerre du M23 a davantage exposé les civils ainsi que le personnel humanitaire impliqué dans l'aide aux populations. Des milices locales dans l'Ituri sont également responsables de nombreuses exactions allant dans le même sens.
Isaac Kisatiro, à Butembo