Le député national congolais Carly Nzanzu Kasivita a saisi le gouvernement sur les risques sécuritaires et légaux liés à une campagne incitant la population du Nord-Kivu à cultiver le cannabis médical, une province de l'Est du pays en proie aux groupes armés et au terrorisme.
Dans une question écrite transmise au ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, l'élu et ancien gouverneur du Nord-Kivu s'inquiète de la multiplication, depuis le 6 août, d'une « campagne très médiatique » appelant les habitants à investir dans la culture du cannabis médical, présentée comme « l'une des meilleures opportunités économiques au monde ».
« Pensez-vous qu'aujourd'hui l'État congolais a tous les leviers nécessaires pour contrôler la culture du cannabis médical dans une province comme le Nord-Kivu, confrontée à la présence des groupes armés, à la porosité des frontières, à la contrebande, à la faiblesse de l'autorité de l'État dans certaines parties et au terrorisme de l’ADF ? », s'interroge le parlementaire dans ce document réceptionné mardi à l'Assemblée nationale.
Tout en rappelant que le cadre légal congolais limite strictement l'usage des stupéfiants aux seules fins médicales et scientifiques conformément à des arrêtés ministériels de 2021 et 2022, le député pointe du doigt la diffusion auprès du grand public de messages incitant à l'approvisionnement en semences.
Le député Carly Nzanzu Kasivita demande notamment à l'exécutif de faire la lumière sur l'identité des opérateurs éventuellement détenteurs d'autorisations, de préciser les sites et superficies concernés, ainsi que d'expliciter le dispositif de sécurité prévu pour éviter tout détournement vers le trafic illicite. Il exhorte en outre les autorités à faire appliquer les sanctions prévues par la loi relative à la santé publique si ces campagnes publicitaires s'avèrent illégales ou de nature à compromettre la sécurité publique.
La province du Nord-Kivu, riche en ressources naturelles, subit depuis plus de trois décennies les violences de dizaines de groupes armés locaux et étrangers, sur fond d'instabilité sécuritaire et d'activités criminelles transfrontalières.
David Lupemba, à Beni