RDC : la C5 salue le format du dialogue national annoncé par le président et refuse « un accord aveugle »

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La Coalition de l’Article 5 (C5) par l'entremise de son coordonnateur national maître Caleb Banza, a salué l’annonce du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État faite par le président Félix Tshisekedi lors de son discours à la nation.

Dans déclaration rendue publique le 1er septembre 2026 à Lubumbashi, cette plateforme a estimé que le format annoncé, prévoyant des consultations à la base dans les 26 provinces avant les assises nationales à Kinshasa, constitue une évolution importante par rapport aux précédents dialogues politiques. Pour la C5, ce nouveau format répond à une revendication qu’elle dit avoir portée depuis sa création, celle de permettre au peuple de s’exprimer directement sur les questions qui touchent à l’avenir de la République démocratique du Congo.

Dans cette correspondance, la coalition considère que les précédents dialogues ont souvent été réduits à des négociations entre acteurs politiques, notamment autour du partage du pouvoir. Elle estime que le processus annoncé doit, au contraire, partir des préoccupations exprimées par les citoyens dans les provinces et les territoires.

« Cette fois, le peuple parlera le premier », affirme la C5, qui considère que le nouveau format « dépouille les calculs égoïstes » et rappelle que « le peuple demeure le seul véritable patron ».

Tout en saluant l’initiative présidentielle, la Coalition de l’Article 5 insiste sur le fait que son positionnement ne constitue pas un soutien inconditionnel au processus. Elle dit attendre notamment la nomination du comité d’organisation et annonce qu’elle observera attentivement la manière dont les consultations seront conduites dans les différentes provinces.

« La voix de la C5 n’est ni un feu vert ni un accord aveugle. Elle est une vigilance militante. Une annonce n’est pas un acte », prévient la coalition de l'article 5 dans sa communication. 

La plateforme estime ainsi que le président de la République sera appelé à respecter la parole recueillie auprès de la population, y compris lorsque celle-ci pourrait contrarier les calculs de son propre camp politique.

« Il sera jugé sur une seule chose : que la parole recueillie soit honorée », précise C5, qui souhaite que cette parole constitue «l’unique squelette des assises de Kinshasa».

A en croire maître Caleb Banza qui signe ce document, la Coalition de l’Article 5 appelle par ailleurs les gouverneurs et les responsables politiques provinciaux à ne pas interférer dans les consultations annoncées. Elle leur demande de permettre aux citoyens de présenter librement leurs craintes, leurs difficultés, leurs ambitions et leurs attentes, sans pression politique ni manipulation.

« Laissez la population s’exprimer librement, dire ses craintes, ses défis, ses ambitions et ses attentes, sans la moindre contrainte ni manipulation », exige la coalition. Une consultation sous contrainte est un mensonge d’État. Ce pays n’appartient pas aux autorités, qui passent ; il appartient au peuple, qui demeure », martèle la C5.

La Coalition de l’Article 5 invite enfin les Congolais à saisir l’occasion des consultations annoncées pour participer directement aux discussions sur l’avenir du pays. Elle appelle la population à préparer ses revendications et à partager ses convictions dans le respect des lois de la République.

S’adressant à la communauté internationale, la C5 estime que la paix en RDC ne peut être durable sans une implication réelle de la population. Elle appelle les partenaires internationaux à accompagner le processus tout en veillant à ce que la majorité silencieuse puisse effectivement faire entendre ses aspirations.

Patient Lukusa, à Lubumbashi