L’Inspecteur Général des Finances-chef de service de la RDC, Christophe Bitasimwa Bahi, a échangé ce jeudi à Paris avec son homologue française, Catherine Sueur, lors d’une séance de travail consacrée au partage d’expériences entre les deux institutions de contrôle.
Cette rencontre a porté notamment sur les méthodes de travail des deux inspections générales des finances, avec l’objectif de renforcer progressivement les pratiques de contrôle en République démocratique du Congo.
Selon Christophe Bitasimwa Bahi, les deux institutions présentent des points de convergence, mais aussi des différences liées à leurs contextes respectifs et à l’orientation de leurs missions.
Il a expliqué que l’Inspection générale des finances de France intervient largement dans l’évaluation des politiques publiques, en examinant notamment leur pertinence et leur impact, tout en jouant un rôle de conseil auprès du gouvernement et des institutions.
En RDC, l’IGF concentre actuellement une grande partie de son action sur l’inspection, le contrôle et l’audit des finances publiques, notamment pour lutter contre la fraude, les détournements et prévenir les malversations.
Christophe Bitasimwa Bahi a indiqué que cette orientation répond aux réalités actuelles de la gestion publique en RDC, qui nécessitent de sécuriser les ressources de l’État, de canaliser les fonds publics vers le Trésor et de veiller à leur utilisation régulière et efficace.
Il a également expliqué cette différence par le niveau de fiabilisation des services publics.
Selon lui, l’évolution vers l’évaluation des politiques publiques constitue un processus qui intervient à mesure que les systèmes de gestion et de contrôle se renforcent.
« Je pense que l’évaluation des politiques publiques est une étape avancée de l’Inspection Générale des Finances », a-t-il estimé, tout en considérant que le contrôle intensif demeure actuellement nécessaire en RDC.
« Plus les services se fiabilisent, plus on va vers l’évaluation », a résumé le chef de service de l’IGF/RDC.
Les échanges ont également porté sur la digitalisation des outils de contrôle. Celle-ci doit notamment contribuer à fiabiliser les données, améliorer la surveillance des flux financiers et renforcer les capacités d’analyse de l’IGF dans le cadre du contrôle systémique prévu dans le Plan triennal 2026-2028.
De son côté, Catherine Sueur, inspectrice générale des finances-cheffe de service de la France, a félicité son homologue congolais pour la réforme engagée autour du contrôle systémique basé sur la digitalisation. Elle a également promis l’appui de son institution dans le cadre des échanges d’expériences entre les deux structures.
Pour Christophe Bitasimwa Bahi, l’objectif de ces échanges n’est pas de reproduire à l’identique le modèle français, mais de comprendre son évolution et d’identifier les pratiques susceptibles d’être adaptées aux réalités de la République démocratique du Congo.
Raphaël Kwazi