Le Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) de l'Ituri tire de nouveau la sonnette d'alarme sur la prolifération des boissons fortement alcoolisées et des stupéfiants et appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes et fermes pour épargner la jeunesse de cette menace.
Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 25 septembre, le CPJ rappelle que cela fait plus de quatre ans que l’ancien gouverneur, Johnny Luboya N’kashama, avait signé un arrêté portant interdiction de certaines boissons fortement alcoolisées, une décision que selon cette structure demeure impraticable sur le terrain.
« Malgré des multiples demandes pour en obtenir une copie, cet arrêté est resté difficilement accessible. Nous n’en avions eu connaissance qu’à travers la presse, comme s’il avait disparu et n’était même plus facilement traçable dans les archives de la province », déplore Deogratias Bungamuzi, président du Conseil provincial de la jeunesse en ituri.
Selon le Conseil provincial de la jeunesse, ces boissons interdites continuent d'être importées, commercialisées et vendues librement à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri et dans des territoires.
« À l’arrivée du gouverneur militaire, le Général-Major Gaby Kasongo Mulumba Batoka, un espoir était né. À la suite des plaidoyers du CPJ et des structures de jeunes, la procureure générale de l’Ituri, la Magistrate Eudoxie Maswama M'Fuilu, avait annoncé la mise en place d’une Task Force judiciaire chargée de contribuer à la lutte contre l’importation, la commercialisation et la vente de ces produits malheureusement, sur le terrain, aucune action ne nous rassure pour des résultats concrets », constate le CPJ.
Pour le CPJ, ce phénomène a des conséquences directes sur la sécurité, la santé et la cohésion sociale. Deogratias Bungamuzi s'inquiète particulièrement de l'impact de ces boissons sur les forces de l'ordre.
« Nous devons veiller à ce que la consommation excessive d’alcool ne puisse affecter le comportement de nos militaires et policiers qui sont appelés à assurer la sécurité de la population. Actuellement, l'on semble assister à des patrouilles où des dérapages ne cessent d'être enregistrés face à des éléments de l'ordre ivres », a-t-il laissé entendre.
Dans le souci de préserver la jeunesse iturienne, cette structure sollicite une nouvelle fois des mesures fermes incluant la traçabilité de l'arrêté, activation effective de la Task Force, les saisies et sanctions contre les importateurs.
Joël Losinu, à Komanda