Kinshasa : la Fondation Konrad Adenauer réunit jeunes et femmes autour de la paix dans l’est de la RDC

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La Fondation Konrad Adenauer a réuni, jeudi à Kinshasa, des jeunes et des femmes autour d’une journée de réflexion consacrée à leur rôle dans la construction d’une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo.

Depuis plus de trois décennies, l’est de la RDC est confronté à une crise sécuritaire. Cette crise s’est accentuée en 2025 avec la prise des villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, par les rebelles du M23.

Pour résoudre ce conflit armé et rétablir une paix durable dans cette partie du pays, Kinshasa a signé, en décembre dernier, un accord de paix avec Kigali, dont le régime est accusé de soutenir les rebelles qui occupent illégalement certaines parties du territoire congolais.

Par ailleurs, le gouvernement congolais a engagé des discussions avec l’AFC/M23 à Doha, au Qatar, pour trouver une issue favorable au conflit et rétablir la sécurité et la paix dans l’est du pays. Cependant, déplorent certaines organisations de la société civile, les jeunes et les femmes sont sous-représentés dans ces processus de paix, alors que leur participation revêt une importance particulière.

Dans ce contexte, la Fondation Konrad Adenauer a organisé cette journée de réflexion pour partager les expériences sur la nécessité sociale de la paix, promouvoir l’engagement des jeunes, des femmes et des journalistes en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs, ainsi que proposer des initiatives et des innovations en matière de sécurité et de cohésion sociale.

Plusieurs intervenants ont pris la parole durant cette journée. Il s’agit notamment de Mumbere Héritier, CEO de NGO Jamaas Grands-Lacs, qui a exposé sur « l’état des lieux de la paix et de la sécurité à l’est de la RDC : expériences, défis et initiatives locales par la jeunesse », et de Limba Antoinette, du Collectif Amka Congo, qui s’est penchée sur les défis et les initiatives locales des femmes pour la paix.

De son côté, Nathanaël Atibu, ambassadeur de la jeunesse en RDC, a évoqué le thème « jeunesse et engagement pour la paix : expériences, défis et initiatives ». Quant à Marie-Jeanne Omari, experte en genre, elle a développé le sujet « le rôle des femmes dans la consolidation de la paix ».

Le professeur Félicien Kabamba, politologue et chef de programme à la Fondation Konrad Adenauer, est revenu sur l’importance de ces échanges impliquant les jeunes et les femmes autour de la paix dans l’est.

« La Fondation Konrad Adenauer a organisé aujourd’hui une journée de réflexion avec des composantes sociales particulières. Il s’agit des jeunes et des femmes. Pourquoi les jeunes et les femmes ? Il est question de les réunir pour parler de la paix. Vous savez que les deux catégories sont celles qui ont beaucoup souffert des conflits à l’est du pays. Les femmes ont payé un lourd tribut et les hommes ont été aussi utilisés par les différents groupes armés, soit pour leurs activités bellicistes, soit sont victimes de cette barbarie qu’on vit dans l’est. Voilà pourquoi il était nécessaire aujourd’hui de parler de paix avec ces deux catégories sociales », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Ce séminaire a eu pour objectif : le partage d’expériences sur la question de paix. Mais aussi beaucoup d’innovations allant dans le sens de la paix ont été présentées. Dans le cadre de ce qu’ils ont fait comme ONG et Fondation, ils ont beaucoup d’initiatives et ils en ont présenté la portée. Cela a suscité beaucoup d’échanges et inspiré les uns et les autres. Je crois que de telles initiatives peuvent avancer et donner des idées sur comment arriver à construire une paix durable parce que nous sommes condamnés à vivre ensemble. »

Les participants ont salué l’initiative de la Fondation Konrad Adenauer et appelé à l’implication des femmes et des jeunes dans les différents processus de paix.

« Les échanges étaient très intéressants, enrichissants et on aimerait que ça ne soit pas la dernière fois. Que la Fondation KAS organise régulièrement ce genre de rencontres et d’échanges pour nous permettre d’apporter un plus et de mettre à contribution nos intelligences pour que le pays évolue normalement et que la paix revienne », a souligné Me Élisabeth Nyombo, présidente de l’ONG Wasi.

Au total, 40 femmes et jeunes, dont des artisans de paix et médiateurs issus de Great Lakes Youth Network for Dialogue and Peace, projet de l’Union européenne et de la Fondation Konrad Adenauer en RDC, des journalistes et acteurs de la société civile de l’est résidant à Kinshasa, ainsi que des acteurs du Réseau des jeunes leaders et du Réseau des femmes leaders congolaises, ont pris part à cette journée de réflexion.

Prince Mayiro