RDC-Banque mondiale : les priorités du secteur de la santé définies pour 2027-2036

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Le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention sociale, l’Unité de gestion du Programme de développement du système de santé (UG‑PDSS) ainsi que le Groupe de la Banque mondiale ont organisé, le jeudi 24 septembre à Kinshasa, une consultation sectorielle consacrée à la préparation du nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) 2027‑2036 entre la République démocratique du Congo et la Banque mondiale.

Cette rencontre a permis d’examiner les priorités du secteur de la santé pour la prochaine décennie, notamment la couverture santé universelle, l’amélioration de la qualité des soins, le renforcement des infrastructures et des ressources humaines ainsi que la résilience du système sanitaire.

Prenant la parole au cours de cette consultation, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention sociale, Dr Roger Kamba, a souligné l’importance de ce processus pour définir les investissements et les réformes à mener dans le secteur.

« La préparation de ce nouveau cadre de partenariat intervient à un moment déterminant pour notre système de santé. Elle nous offre l’opportunité de tirer les enseignements des interventions passées, d’identifier les contraintes qui continuent de limiter nos performances et, surtout, de définir ensemble les investissements et les réformes structurantes susceptibles de produire des résultats durables au cours de la prochaine décennie », a déclaré Roger Kamba.

Le ministre a indiqué que le Gouvernement entend construire progressivement un système de santé résilient, équitable, performant et accessible à tous, dans le cadre de la marche vers la couverture santé universelle.

Parmi les priorités présentées, Roger Kamba a notamment cité l’accélération de la couverture santé universelle, le renforcement de l’offre et de la qualité des soins, ainsi que le développement du capital humain dans le secteur de la santé.

« Nous devons renforcer l’offre et la qualité des soins. Cela implique la construction, la réhabilitation et l’équipement des formations sanitaires — centres de santé, hôpitaux généraux de référence et hôpitaux tertiaires — ainsi que l’amélioration de leur fonctionnement effectif », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les ressources humaines, notamment à travers la formation, une meilleure répartition géographique du personnel et l’amélioration des mécanismes de motivation.

« Aucune réforme sanitaire ne peut produire durablement des résultats sans des professionnels compétents, motivés et correctement répartis sur le territoire national. Nous devons progressivement résorber les déserts médicaux et garantir des conditions de travail appropriées », a ajouté le ministre.

Roger Kamba a par ailleurs plaidé pour le renforcement de la sécurité sanitaire et de la résilience du système de santé, avec une attention particulière aux provinces affectées par les conflits, aux populations déplacées et aux groupes vulnérables.

De son côté, le directeur des opérations de la Banque mondiale, Albert G. Zeufack, a présenté la santé comme un secteur stratégique pour le développement humain et économique de la RDC. Il a relevé plusieurs défis auxquels reste confronté le système sanitaire congolais, notamment la mortalité maternelle, la malnutrition et les difficultés d’accès aux soins.

« Nous ne pouvons parler de croissance inclusive tant que les enfants de la RDC meurent de maladies évitables, ou que la malnutrition chronique — qui touche encore plus de 40 % des moins de cinq ans — empêche les survivants d’atteindre leur potentiel physique et cognitif », a-t-il déclaré.

Albert G. Zeufack a également relevé la part importante des dépenses de santé supportées directement par les ménages congolais.

« Les ménages congolais continuent de supporter 38 % des dépenses de santé, soit 9 dollars par habitant, contre seulement 4 dollars par habitant sur le budget de l’État », a-t-il indiqué.

Le directeur des opérations de la Banque mondiale a par ailleurs rappelé les interventions financées par son institution au cours de la dernière décennie dans le secteur de la santé en RDC.

Selon lui, le Groupe de la Banque mondiale a investi près de 2 milliards de dollars américains dans le secteur au cours de cette période. Ces financements ont notamment permis à 84 millions de Congolais de bénéficier de services de santé, dont 21,2 millions de services essentiels.

Il a également fait état de 11 millions d’accouchements assistés par du personnel qualifié, de 7,9 millions d’enfants entièrement vaccinés dans les zones d’intervention et de la prise en charge de 500 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.

« Plus de 1 000 centres de santé et hôpitaux ont été réhabilités à travers le pays, tandis que cinq laboratoires provinciaux de diagnostic ont été construits et équipés », a précisé Albert G. Zeufack.

Il a enfin indiqué que plus de 1,5 million de femmes avaient récemment bénéficié de la gratuité des accouchements grâce au financement de la Banque mondiale, dans le cadre de l’appui à la vision du gouvernement en matière de réduction de la mortalité maternelle.

Cette consultation sectorielle s’inscrit dans le processus de préparation du Cadre de partenariat pays 2027-2036, qui doit définir les principaux axes de collaboration entre la République démocratique du Congo et le Groupe de la Banque mondiale pour les dix prochaines années.

Raphaël Kwazi