Une classe mobile dénommée « NJIA YA UJUZI » pour rapprocher les communautés rurales et enclavées des outils numériques, a été lancée, vendredi 25 septembre 2026,
par Enabel, (alAgence belge de coopérationinternationale), la GIZ (Agence allemande de coopération internationale pour le développement durable) et le Centre des Ressources du Haut-Katanga (CDR) à Lubumbashi dans le but de favoriser l’accès à la formation et aux ressources numériques le long du corridor de Lobito.
Lors de cette cérémonie, le projet Éducation de base dit « Edibase » a été aussi clôturé dans le Haut-Katanga en présence des partenaires du secteur.
Présentée comme une réponse à la fracture numérique dans le sud-est de la RDC, le projet « NJIA YA UJUZI » découle d’un accord opérationnel signé en juin 2026 lors de la DRC Mining Week. Elle cible notamment les communautés situées le long de l’axe Sakania-Lubumbashi-Kolwezi-Dilolo, avec l’ambition d’amener la formation directement vers les bénéficiaires.
Lors de cette cérémonie solennelle tenue en présence du Consul général du Royaume de Belgique dans le Haut-Katanga, Vincent Viaene, des proveds des provinces éducationnelles Haut-Katanga 1 et 2, des représentants des parents et des chefs des territoires, Lorenzo Giacomin, chef de programmes d’Enabel dans le Haut-Katanga et au Lualaba a affirmé que le choix de la digitalisation répond à la nécessité de rendre les ressources éducatives plus accessibles, particulièrement dans les zones où les infrastructures restent limitées.
« Nous croyons que la digitalisation représente un levier très important dans l'éducation nationale », a-t-il expliqué tout en soulignant la nécessité de centraliser et de rendre accessibles les ressources produites par le système éducatif.
Le dispositif doit notamment permettre aux apprenants d'accéder à des ressources numériques adaptées, mais aussi aux enseignants de disposer d'outils pour préparer leurs cours et renforcer leurs compétences professionnelles.
« Le numérique, il ne faut pas penser que c'est quelque chose qu'il faut simplement apprendre, mais qu'il faut pratiquer », insiste Lorenzo Giacomin.
« NJIA YA UJUZI » est conçu comme un véritable centre de formation mobile. Le camion présenté est équipé de postes informatiques, d’un écran interactif, d’une connexion Internet Starlink et d’un système photovoltaïque destiné à assurer son autonomie énergétique. Une bibliothèque numérique hors ligne comprenant notamment DataCup, Kiwix et Kolibri complète le dispositif. Les bénéficiaires pourront également accéder à plusieurs plateformes éducatives, dont Khan Academy et Sikana. Le camion est équipé des panneaux photovoltaïques qui permettent au dispositif de fonctionner dans des espaces où l’accès à l’électricité demeure limité.

Pour la GIZ, cette mobilité doit permettre d’aller au-delà des centres urbains et d’atteindre directement les villages.
« C'était l'idée et la stratégie d'aller vraiment aussi avoir la possibilité, avec ce camion, comme un centre mobile d'éducation, d'aller directement dans les villages », explique Magnus Schmid, coordinateur de cluster et chef de projet GIZ dans l'espace Katanga au micro tendu par 7SUR7.CD.
Selon Magnus Schmid, environ 120 jeunes, hommes et femmes, ont déjà été formés dans le cadre des initiatives liées aux technologies numériques et photovoltaïques.
Prenant la parole lors de la cérémonie officielle, Joseph Mwinkeu, directeur provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté du Haut-Katanga 1, a salué le travail réalisé par les partenaires tout en appelant à inscrire les nouveaux dispositifs dans la durée.
« Les partenaires peuvent achever un projet, mais nous, nous devons poursuivre la mission. Les programmes peuvent avoir une échéance, mais l'éducation, elle, n'en a pas », a-t-il déclaré.
Le ministre provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté du Haut-Katanga, Max Mpande qui a été représenté, a, lui aussi, insisté sur l’importance de la transition numérique.
« La transition numérique n'est plus de nos jours un choix, mais s'impose à nous comme une nécessité urgente », a-t-il expliqué tout en saluant le lancement de cette initiative. Il a appelé les partenaires à réfléchir aux mécanismes permettant de préserver les acquis au-delà de la durée des projets.
Le programme vise plusieurs catégories de bénéficiaires : élèves des zones rurales et enclavées, enseignants, inspecteurs, jeunes à la recherche d’opportunités professionnelles et communautés locales. Les formations porteront notamment sur les compétences numériques de base, l’accompagnement pédagogique des enseignants, l’orientation vers les métiers et filières professionnelles ainsi que les technologies photovoltaïques. Un module de formation de 20 heures consacré aux compétences numériques de base a notamment été développé avec un système de suivi et de certification.
Enabel prévoit également l’utilisation de tutoriels et de ressources numériques pour renforcer l’apprentissage, notamment dans l’enseignement primaire, technique et professionnel.
Ce projet est mis en œuvre grâce au partenariat de trois structures. La GIZ met à disposition le camion mobile, son expertise en technologies énergétiques ainsi qu’un appui technique et logistique. Enabel assure la coordination du projet, développe les contenus de formation et contribue à l’équipement du dispositif en matériel informatique, mobilier et connectivité. Le Centre des Ressources du Haut-Katanga apporte son ancrage local et facilite les liens avec les communautés et les acteurs institutionnels.
Patient Lukusa, à Lubumbashi