Les activités sont fortement paralysées ce lundi à Kindu, chef-lieu du Maniema, à la suite de la grève déclenchée par les conducteurs de taxi-motos.
Il est difficile pour plusieurs habitants d’amener leurs enfants à l’école, de se rendre au travail ou encore d’effectuer de longues distances. Les rues de la ville sont désertes, alors que les motos, très présentes habituellement dans la circulation à Kindu, se font rares.
Sur le terrain, des jeeps de la Police sont visibles dans plusieurs endroits de la ville pour maintenir l’ordre. Les éléments de la Police interviennent notamment là où quelques jeunes ont érigé des barricades sur certaines artères.
À l’origine de cette grève, les conducteurs évoquent plusieurs revendications, notamment la multiplicité des taxations auxquelles ils sont soumis. Kekya Omari Dédé, leur représentant, affirme avoir tenté de contacter l’autorité provinciale, sans succès.
- « Notre première revendication, c'est la multiplicité des taxations. Nous avons besoin que l'autorité provinciale puisse prendre des dispositions pour ça », a-t-il déclaré.
Les motards réclament également des explications sur la gestion des 10 % de rétrocession issus des taxes conventionnelles. Selon leur représentant, cet argent ne se traduit pas suffisamment par des réalisations visibles dans la ville.
« Depuis qu'on a commencé à nous rétrocéder, nous n'avons jamais vu l'action de cet argent, pendant que nous avons des difficultés. Il n'y a pas la route, l'éclairage public », dénonce-t-il.
Ils souhaitent notamment connaître le montant déjà collecté et proposent que son utilisation soit décidée de manière concertée avec la société civile, les confessions religieuses, les représentants des motards et d'autres acteurs.
« S'il faut réhabiliter la route, il faut réhabiliter la route pour l'intérêt de tout le monde, et non que les gens commencent à prendre cet argent comme leur propre moyen », a-t-il insisté.
Les conducteurs dénoncent enfin certains dérapages attribués à des éléments de la Police de circulation routière (PCR). Ils demandent une concertation afin de clarifier les infractions pouvant réellement justifier l'interpellation des motards.
« Il faut qu'on puisse se mettre assis pour regarder quelles sont les infractions valables pour lesquelles on peut arrêter les motards pour ça », a indiqué leur représentant.
Le mouvement de grève est annoncé jusqu'à nouvel ordre, alors que ses conséquences se font déjà sentir sur la mobilité et les activités quotidiennes dans la ville de Kindu.
Morisho Tambwe, à Kindu