RDC : Judith Suminwa lance la 12e édition du Forum international des élites féminines

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La Première ministre Judith Suminwa a lancé, ce jeudi 8 octobre 2026 à Kinshasa, la 12e édition du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC 2026). Cette rencontre panafricaine, organisée pour la première fois en République démocratique du Congo, est consacrée notamment au leadership et à l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.

Prévu du 8 au 11 octobre, le Forum réunit près de 300 participantes et participants venus des 26 provinces de la RDC et d’environ 15 pays africains. Les échanges portent notamment sur l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat numérique, le leadership féminin, les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive, les violences basées sur le genre, la masculinité positive, la diplomatie et la consolidation de la paix.

En lançant les travaux, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité de faire du FIEF un cadre permettant de transformer les échanges en opportunités concrètes pour les femmes, notamment dans le domaine du numérique.

« En accordant mon haut patronage à ce forum, j'ai voulu souligner l'importance de sa vocation, qui consiste à rapprocher des expériences, renforcer les compétences et faire émerger les partenariats capables de produire des résultats pour les femmes et les jeunes filles. Notre rencontre doit ainsi relier trois exigences : une ambition internationale, une coopération régionale et africaine, ainsi qu'une traduction concrète de cette dynamique dans nos réalités nationales (...). Je souhaite ainsi que les relations nouées ici se prolongent après le forum par le partage d'expertise, les mentorats, les échanges entre institutions et les collaborations entre organisations et entreprises », a-t-elle déclaré.

La Première ministre a, par ailleurs, appelé à tenir compte des réalités propres aux différentes régions, tout en favorisant le partage d’expériences entre les participantes venues de différents horizons.

« Nous ne sommes pas réunis pour uniformiser nos réalités. Nous sommes réunis pour apprendre les unes des autres, comprendre ce qui peut être adapté à chaque contexte et construire des réponses communes là où nos défis se rejoignent », a-t-elle souligné.

Elle a également insisté sur la mise en place d’un mécanisme de suivi des recommandations issues du Forum, afin que les échanges puissent déboucher sur des actions concrètes au-delà de la clôture des travaux.

« Je forme le vœu qu'au terme de cette première édition, un héritage concret soit laissé, à savoir : des compétences renforcées, des partenariats durables et des initiatives en faveur des femmes et des jeunes filles, dont les effets pourront être mesurés. Aussi, j'invite le ministère du Genre, Famille et Enfant, les organisations porteuses et leurs partenaires à veiller à la mise en place du mécanisme de suivi post-forum. Les propositions relevant de l'action publique devront être examinées par les institutions compétentes. Les délégations provinciales et africaines devront rester associées à ce suivi. Notre dialogue ne doit pas s'interrompre à la clôture de ce forum. Il se poursuivra avec un partage des responsabilités : le rôle du gouvernement sera de contribuer à la levée des obstacles institutionnels, celui des partenaires sera d'accompagner les priorités concertées, tandis que celui de nos réseaux sera de transmettre, de relier et de rendre compte. C'est dans cette complémentarité que nos engagements trouveront leur force et que la coopération africaine viendra en renfort de nos institutions nationales, afin que celle-ci ouvre des perspectives jusque dans nos provinces, nos territoires et nos communautés », a-t-elle dit.

De son côté, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a placé cette 12e édition dans une perspective de transformation et d’action. Elle a estimé que les défis auxquels sont confrontées les femmes africaines exigent des réponses concrètes et des engagements durables.

« L’Afrique ne pourra pas se relever en laissant la moitié de son génie sur le bord du chemin. Nous avons le devoir d’agir. Durant ces quatre jours, nous ne serons pas simplement réunis pour échanger, mais également pour projeter, pour transformer notre expérience en solutions, notre intelligence en innovations, notre solidarité en alliances et notre ambition en résultats », a-t-elle déclaré.

S’adressant particulièrement aux jeunes filles, la ministre les a encouragées à saisir les opportunités offertes par le Forum et à investir davantage les secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir du continent.

« Devenez dès aujourd’hui les actrices de votre propre avenir. Osez les sciences, la technologie, l’entrepreneuriat, la politique, et osez le leadership. Votre genre ne doit jamais être un plafond. Qu’il devienne une force », a-t-elle lancé.

Elle a également appelé à faire de cette rencontre un point de départ pour de nouvelles collaborations entre les participantes et les différents acteurs engagés en faveur de l’autonomisation des femmes.

« Que de Kinshasa naissent des partenariats nouveaux. Que nos échanges produisent des engagements. Que des projets voient le jour », a-t-elle lancé.

Organisé par l’Association pour l’Épanouissement de la Jeune Fille (AEJF), en collaboration avec le CAFCO et l’ONG Femmes main dans la main pour le Développement Intégral (FMMDI), le FIEF-RDC 2026 entend notamment renforcer les compétences des participantes, favoriser le mentorat et développer des réseaux de coopération Sud-Sud.

Les travaux doivent aboutir à des recommandations et à des engagements concrets en faveur de la participation des femmes à la gouvernance, aux processus de paix, à l’innovation économique et à la transformation numérique.

Merveil Molo