Ebola : plus de 850 personnes déjà vaccinées en Ituri dans le cadre de l'étude « Bravo »

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L'épidémie de maladie à virus Ebola qui touche plusieurs provinces de la République démocratique du Congo continue de mobiliser les équipes médicales. Dans la province de l'Ituri, l'étude « Bravo » franchit une étape importante avec déjà 857 personnes de première ligne vaccinées, sur une cible globale de 20 000 participants.

Lors d'une interview accordée le vendredi 9 octobre dernier à la cellule de communication de MSF, le docteur Youssouf Kaboré, investigateur du site de l'étude « Bravo », a apporté des éclaircissements sur le dispositif mis en place. Selon lui, la priorité est accordée aux travailleurs de première ligne.

​« Actuellement, nous avons 857 personnes qui ont été vaccinées. La population cible, c'est 20 000 personnes. Comme on l'a dit, ce sont les personnes de première ligne qui sont concernées », a déclaré le docteur Youssouf Kaboré.

​Un dispositif médical et de terrain rigoureux

​Le plan médical de l'étude englobe un large éventail d'acteurs indispensables à la riposte sanitaire : les équipes d'intervention, les agents chargés de l'investigation et de la recherche des contacts dans les villages, les hygiénistes, ainsi que les ambulanciers.  
​L'étude fonctionne par cohorte comparative. Elle suit deux groupes distincts — l'un vacciné, l'autre non vacciné — sur une période de 6 mois. Chaque mois, des points de suivi réguliers sont effectués auprès des participants pour consigner d'éventuels incidents sanitaires ou hospitalisations.


 
​Un suivi spécifique pour les femmes enceintes

 

​Point particulièrement sensible de ce protocole : l'inclusion des femmes enceintes exerçant en première ligne, telles que celles travaillant dans les centres de santé (CS).  
​Le Dr Youssouf Kaboré précise à ce sujet : « Les femmes enceintes peuvent faire partie de cette vaccination, mais seulement, après la vaccination, cette femme-là doit être suivie de façon particulière. Pour les autres personnes, le suivi est de 6 mois, mais pour la femme enceinte, le suivi s'étend jusqu'à l'accouchement. »


 
​Répartition des doses et perspectives

 

​À l'échelle nationale, l'épidémie touche actuellement plusieurs provinces à travers un volume global estimé à 70 000 doses. Sur ce total, 20 000 doses sont spécifiquement allouées à l'étude « Bravo », tandis que les 50 000 doses restantes se répartissent entre une étude dédiée à une nouvelle souche (30 000 doses) et des interventions ciblées dans d'autres régions touchées (20 000 doses).  
​À terme, l'analyse comparative des données recueillies entre les différents groupes permettra d'évaluer précisément l'impact et l'efficacité de la vaccination au cœur des zones touchées par le virus.

L'étude BRAVO a été officiellement lancée le 19 septembre 2026 à Bunia, en Ituri, par Médecins Sans Frontières (MSF) et son centre de recherche Epicentre, en collaboration avec le Ministère de la Santé, l'INRB, l'OMS et Africa CDC.

Séraphin Banangana depuis Bunia