Jean-Claude Muyambo appelle le président de la République, Félix Tshisekedi, à engager des démarches pour que l’ancien chef de l’État Joseph Kabila soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).
Il a lancé cet appel ce jeudi 15 octobre 2026 à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, en réaction à la prise de position de Joseph Kabila à la tête de l’AFC/M23, désormais présenté sous l’appellation du Front pour la refondation de la Nation (FRN).
Ancien prisonnier sous le régime de Joseph Kabila, Jean-Claude Muyambo a accusé l’ancien président d’être à l’origine de plusieurs malheurs qu’aurait connus le Katanga. Il a contesté notamment sa prétention à se présenter comme un acteur de la libération du pays et rejette toute perspective de son retour dans cette partie sud-est de la République démocratique du Congo.
« Je ne peux pas accepter qu’il dise ce qu’il a dit. Je le dis en tant que Katangais et leader katangais. Ce papa-là, Kabila, ne mettra jamais les pieds ici à Lubumbashi. Il se trompe », a-t-il déclaré à la presse.
Dans son intervention, Jean-Claude Muyambo est également revenu sur les conditions de sa détention sous l’ancien régime. Il a affirmé avoir échappé à plusieurs situations qui auraient pu lui coûter la vie, évoquant notamment des pressions et des menaces qu’il attribue aux services de sécurité de l’époque. L’ancien prisonnier de Joseph Kabila a également appelé Moïse Katumbi à se désolidariser de l’ancien chef de l’État. Selon lui, la situation sécuritaire actuelle et les divisions politiques dans l’espace katangais sont notamment liées aux choix de l’ancien régime.
S’adressant au président Félix Tshisekedi, il s’est interrogé sur l’absence de démarches visant, selon lui, à traduire Joseph Kabila devant la CPI.
« Le président de la République, Félix Tshisekedi, est notre président. J’aimerais lui demander : il fait quoi ? Pourquoi il n’est pas pressé pour nous amener Kabila à la CPI ? Et pourtant, nous avons des preuves », a-t-il affirmé.
Jean-Claude Muyambo a estimé qu’un ancien chef de l’État ne peut prendre la tête d’un mouvement rebelle dans son propre pays sans avoir à répondre de ses actes devant la justice. Il a ainsi réitéré son opposition à un éventuel retour de Joseph Kabila dans l'espace Katanga déclarant que son « aventure politique et militaire devait se poursuivre ailleurs ».
Patient Lukusa, à Lubumbashi