Le président du Cadre de concertation national de la société civile (CCNSC-RDC), Danny Boss Singoma, a exprimé, ce samedi 17 octobre 2026, à Kinshasa, sa surprise et son inquiétude après l’annonce du lancement du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau groupe politico-militaire porté par l’ancien président Joseph Kabila.
Selon une dépêche transmise à 7SUR7.CD, Danny Boss Singoma a indiqué avoir appris cette nouvelle comme tout citoyen congolais attentif à l’actualité du pays. Il a fait part de ses préoccupations quant à l’avenir de la République démocratique du Congo (RDC), confrontée depuis de longues années à des cycles de violences.
Le président du CCNSC-RDC s’interroge notamment sur la pertinence et la justification du recours aux armes par l’ancien président Joseph Kabila pour faire entendre ses idées et ses revendications, alors que celui-ci s’est toujours présenté comme un artisan de la paix.
« Seul le dialogue peut éviter l’éclatement du pays. Seul le dialogue peut ramener la cohésion nationale. La persistance de la guerre ne ferait que renforcer la misère de la population, dont la situation ne cesse de s’aggraver depuis l’époque de Mobutu jusqu’à nos jours », a-t-il déclaré.
Au nom de la société civile, Danny Boss Singoma a réaffirmé que la paix ne pouvait se construire par le recours aux armes. Il a insisté sur la nécessité de privilégier les solutions politiques pour résoudre les crises que traverse le pays.
« Nous insistons sur le fait que toute réponse durable aux crises que traverse le pays doit passer d’abord par la voie politique et par des mécanismes de dialogue », a-t-il souligné.
Le président du CCNSC-RDC plaide ainsi pour la mise en place d’un dialogue national réellement inclusif, auquel participeraient toutes les sensibilités et les forces vives de la nation. Il insiste également sur la transparence des processus et des mécanismes de décision, le respect des engagements pris ainsi que le suivi des résolutions issues de ces discussions.
Danny Boss Singoma estime par ailleurs que la société civile doit être « pleinement » associée à ce processus, non pas comme un simple observateur, mais comme un acteur indispensable à la recherche de solutions politiques et à la consolidation de la paix.
À l’appui de cette position, il rappelle l’expérience de la société civile congolaise dans les efforts de résolution des crises politiques du pays. De 1998 à la tenue du dialogue intercongolais de Sun City, ses initiatives ont contribué, selon lui, à créer des espaces de concertation et à ouvrir des voies de sortie de crise.
Face aux risques d’éclatement du pays et aux souffrances persistantes des populations, notamment dans plusieurs localités déjà meurtries par les violences, le responsable du CCNSC-RDC appelle les différents acteurs à privilégier « la paix, la cohésion nationale et la dignité humaine ».
Il estime nécessaire d’engager le pays sur la voie de la stabilité et de la reconstruction, dans un esprit d’unité nationale et de protection de la vie des populations.
Dans cette perspective, Danny Boss Singoma lance un appel aux partenaires institutionnels, aux organisations multilatérales, aux partenaires de la coopération ainsi qu’à toutes les forces et personnes attachées au renforcement de la société civile. Il les invite à soutenir le Cadre de concertation national de la société civile afin de favoriser la convergence des différentes forces et tendances qui la composent.
L’objectif, explique-t-il, est de dégager « une position commune susceptible d’influencer les agendas politiques nationaux et internationaux en faveur de la paix et du dialogue en République démocratique du Congo ».
Danny Boss Singoma souhaite enfin que l’annonce de Joseph Kabila constitue une occasion de sursaut citoyen et encourage le pays à s’engager dans une démarche politique capable de rassembler les Congolais, de réduire les tensions et de reconstruire la confiance entre eux.
Raphaël Kwazi