Sud-Kivu : La société civile alerte sur les violences contre les femmes à Minembwe (Communiqué)

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Au moment où le processus de paix amorcé par le gouvernement congolais dans les hauts plateaux de Minembwe se déroulait normalement à la satisfaction de toutes les communautés, les violences des militaires de la 12e brigade FARDC contre la population Banyamulenge augmentent malheureusement. 

Citons à titre indicatif ce cas récent qui s'est produit dans le village de Runundu Cepac dans la nuit du vendredi 11 juin 2021 ; les militaires FARDC de la 12e brigade estimés à plus de 80 hommes armés jusqu'aux dents ont encerclé ce village et au petit matin, ils ont commencé à pénétrer dans les résidences de la population en commençant par la fouille de la maison du vieux sage Rurambya oscar, ils sont ensuite entrés dans les maisons de ses enfants avant de conduire ce vieux dans une autre parcelle à 200 mètres de chez Rutebuka Bonfils. 

Une fois sur place le vieux Oscar a constaté que la maison de Rutebuka était encerclée par d'autres militaires qui ont immédiatement procéder à l’arrestation de la femme de Rutebuka (madame Penina Namanyambo, mère de 8 enfants) qu'ils amènerent manu militari au quartier général de la 12e brigade ensemble avec son mari et leur bébé de 12 mois (Kamutoni). 

L’opération nocturne contre de paisibles citoyens Banyamulenge étaient conduit par le capitaine Aimé. Arrivés sur le lieu, ils sont enfermés dans un conteneur érigé en cachot militaire. 

Samedi matin, le 12 juin, les notables du milieu ont tenté de communiquer avec le commandant de la 12e brigade pour savoir plus sur le motif de cette arrestation, ils ont été reçu par le général Opia qui leur a demandé de revenir dans l’après-midi, sous le prétexte que la prévenue était encore en interrogatoire. 

Malheureusement, jusqu’ici, les notables et les membres de la famille de Peninah ne sont pas autorisés à visiter les détenus parce que revenus dans l’après-midi ; les notables n’ont pas été reçus par le général commandant de la 12e brigade au motif qu'il était en réunion. 

Informées de cette situation, les femmes Banyamulenge dissent assez, c’est assez contre les persécutions sélectives, elles ont décidé de faire un sit-in devant la porte du cachot, de braver la peur des armes, le froid et la faim en passant la nuit à la belle étoile sous l’œil de la Monusco pour réclamer la libération de cette famille et le rétablissement de Banymulenge dans leurs droits.

La société civile se pose plusieurs questions à savoir :

1. Quelle que soit la nature de l'infraction dont serait accusée la suspecte et sa famille pourquoi ne pas procéder à son interpellation en respectant les lois en vigueur ?

2. Pourquoi, après l'interrogatoire, ne pas autoriser à la victime d'aller passer la nuit chez elle, sous surveillance de la police ou de l’autre autorité du milieu par exemple pour revenir répondre présent à la brigade le matin ? Telle était notre demande qui a été rejetée malheureusement.

3. Pourquoi ne pas autoriser que les détenus soient visités par les notables et la famille ? 

Précisons que, à part le général Opia commandant de la 12e brigade présente sur le lieu, il y a également la présence du général Gaby commandant du secteur opérationnel sokola 2 sud sud.

Fait à Minembwe, le dimanche 13 juin 2021.

Pour la société civile noyau de Minembwe, le président Ruvuzangoma Rubibi Saint-cadet