État de siège : Les autorités militaires ont utilisé leurs vastes pouvoirs pour réprimer toute critique et écraser la dissidence (Amnesty International)

Photo 7SUR7.CD

Plusieurs libertés fondamentales garanties par la constitution sont réprimées dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, pendant cette période de l'état de siège qui a duré maintenant une année.

D'après l'ONG Amnesty International qui l'affirme dans son dernier rapport publié le 10 mai dernier sur son site, les militaires et policiers ont abusé de leurs pleins pouvoirs pour faire taire les personnes critiques et écraser la dissidence.

Fait illustratif, Amnesty International rapporte que deux militants des droits humains ont été tués par les forces de sécurité et des dizaines d'autres placés en détention arbitraire pour des motifs « fallacieux ». Une manière de réduire au silence toute personne qui demande des comptes sur les agissements de l'État dans les deux provinces, selon la même source.

« La Justice et les libertés en état de siège au Nord-Kivu et en Ituri montrent comment les autorités militaires et policières ont utilisé les pouvoirs étendus qui leur ont été conférés au titre de l'état de siège pour réduire au silence les personnes jugées critiques à l’égard de ce dispositif, notamment des députés, des militant·e·s pro-démocratie et du personnel d'organisations de défense des droits humains, et ce depuis sa mise en place le 3 mai 2021. Il expose également comment les autorités utilisent les juridictions militaires pour poursuivre les détracteurs de l’État dans le cadre de procès iniques », écrit Amnesty International dans ce rapport parvenu à 7SUR7.CD.

Les tribunaux militaires qui ont pris en charge toutes les affaires pénales de compétence civile, sont aussi pointés d'un doigt accusateur dans la répression. Amnesty rappelle que 4 députés provinciaux et un député national ont été arrêtés ou encore douze militants de la LUCHA, arrêtés pour s'être levés contre l'insécurité.

« Les autorités de la RDC doivent libérer immédiatement toutes les personnes détenues de manière arbitraire. Il est choquant que les habitant·e·s du Nord-Kivu et de l'Ituri craignent non seulement de subir des attaques meurtrières de la part de groupes armés, mais aussi d’être poursuivis pour avoir réclamé une protection efficace et l'obligation de rendre des comptes pour ces crimes », tempête Amnesty International.

Pour rappel, c'est depuis le 06 mai 2021 que l'état de siège est en vigueur du Nord-Kivu et en Ituri. Durant ce régime censé éradiquer l'insécurité, le nombre de civils tués par les groupes armés a doublé et plusieurs cas d'atteinte aux droits de l'homme répertoriés. Aujourd'hui, les acteurs sociopolitiques exigent sa levée.

Glody Murhabazi, à Goma