La République démocratique du Congo traverse une période marquée par un intense débat politique autour de la réforme constitutionnelle. Dans ce contexte, les différentes forces vives de la nation sont appelées à faire entendre leur voix.
C’est dans cette perspective que le parti politique Base Républicaine a organisé, ce lundi 1er juin 2026, une conférence de presse afin de présenter sa position sur la question constitutionnelle ainsi que sur la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays.
D’entrée de jeu, le président national du parti, Hugo Zala, a qualifié le débat sur la Constitution de « malsain » au regard du contexte sécuritaire actuel. Selon lui, la priorité nationale devrait être le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
« La Base Républicaine estime que ce débat ne devrait même pas occuper une place dans l’actualité nationale. Cette Constitution est censée régir la vie de toute la nation sur l’ensemble du territoire. Or, lorsque l’autorité publique est interrompue dans une partie du pays, nous ne pouvons pas parler de réforme constitutionnelle avant de rétablir la sécurité et l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national. C’est donc cette question qui constitue aujourd’hui le véritable débat prioritaire », a-t-il déclaré.
Hugo Zala a également regretté l’importance prise par la question constitutionnelle dans l’espace public alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est du pays.
« Nous regrettons de constater que le débat sur la Constitution a pris une telle ampleur dans l’opinion que nous semblons oublier qu’une partie de notre territoire échappe encore à notre contrôle. Pourtant, lors du référendum de 2005, le peuple congolais a exprimé sa volonté de voir l’ensemble des 2.345.000 km² du pays régi par la Constitution actuellement en vigueur », a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, il a rappelé les conséquences humanitaires de la guerre à l'Est de la RDC.
« Aujourd’hui, l’Est du pays est en proie à la guerre. L’autorité de l’État y est fortement compromise. Des milliers de compatriotes ont été contraints de fuir leurs foyers, vivent dans des conditions précaires et ont besoin de la solidarité nationale. Dans ces conditions, le débat sur la Constitution ne devrait pas être une priorité », a-t-il insisté.
Un dialogue républicain comme voie de sortie de crise
Abordant la question de la restauration de l’autorité de l’État et de la fin du conflit dans l’Est, la Base Républicaine estime qu’un dialogue républicain demeure indispensable afin d’identifier des solutions durables à la crise.
À ce sujet, Hugo Zala a rappelé que son parti a récemment rendu public un cahier des charges contenant plusieurs propositions pour favoriser la sortie de crise et le rétablissement de l’autorité de l’État.Ce document s’articule autour de trois dimensions : politique, sécuritaire et économique.
Sur le plan politique, la Base Républicaine considère que la crise actuelle peut être appréhendée à travers quatre instruments internationaux : l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé en 2013, la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, les accords de Washington et les accords de Doha.
Selon Hugo Zala, l’Accord-cadre d’Addis-Abeba définit les mécanismes par lesquels les États de la région doivent contribuer à la stabilité de la région des Grands Lacs, notamment en préservant la paix et la sécurité en RDC. Quant à la résolution 2773, elle offre un cadre international destiné à protéger l’intégrité territoriale du pays.
S’agissant des accords de Washington, il a expliqué qu’ils établissent un cadre de discussions constructives permettant à chaque partie d’exprimer ses préoccupations. Les accords de Doha poursuivent, selon lui, la même logique de dialogue entre les différents acteurs concernés.
L’isolement de la zone de crise proposé
Sur le plan sécuritaire, le cahier des charges de la Base Républicaine recommande notamment l’isolement de la zone de conflit afin de contribuer à la fin de l’agression rwandaise.
« L’isolement de la zone de crise, notamment avec l’appui de la MONUSCO, pourrait permettre de rassurer toutes les parties. Le Rwanda pourrait avoir la garantie que la situation en RDC ne se répercutera pas sur son territoire, tandis que la RDC pourrait s’assurer qu’aucune troupe étrangère ne pénètre sur son sol », a expliqué Hugo Zala.
Sur le volet économique, le président de la Base Républicaine estime que la crise dans l’Est de la RDC est également alimentée par l’exploitation illicite des ressources naturelles à travers des réseaux de contrebande.
« Si nous parvenons à mettre en place un cadre de coopération avec tous les partenaires concernés, nous rendrons inopérants les mécanismes de contrebande qui alimentent le conflit et nous pourrons ainsi avancer vers une solution durable », a-t-il affirmé.
Il a, une nouvelle fois, insisté sur la nécessité du dialogue comme principal levier de sortie de crise.
Interrogé sur la position que pourrait adopter son parti une fois la guerre terminée, notamment entre une révision ou un changement de la Constitution, Hugo Zala a indiqué que la Base Républicaine privilégierait alors l’option du changement de la Constitution.
Enfin, revenant sur l’idéologie de sa formation politique, il a précisé que la Base Républicaine se définit comme un parti de tendance républicaniste. Prenant la parole à son tour, le secrétaire général chargé de la communication a affirmé que le parti prône la souveraineté du peuple, la cohésion nationale ainsi que la crédibilité et l’autorité de l’État.
ODN