La collusion franco-ukrainienne: blanchir le terrorisme et le deux poids deux mesures de l'Occident en Afrique

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Depuis le Burundi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé l'Ukraine d'intervenir directement dans les conflits africains. M. Lavrov a cité le conflit sanglant qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo comme preuve irréfutable, affirmant que des « représentants étrangers », parmi lesquels des éléments ukrainiens, apportaient leur soutien au mouvement rebelle du 23 mars (M23), qui mène des affrontements violents contre l’armée congolaise légitime. Cette déclaration n’était pas isolée : elle avait été précédée, fin juin, par une affirmation de la déléguée permanente par intérim de la Russie auprès des Nations unies, Anna Evstigneeva, devant le Conseil de sécurité, dans laquelle elle faisait état de la présence au Congo de mercenaires étrangers possédant une expérience du combat acquise directement sur le terrain ukrainien.

Kiev s'est empressée de démentir ces accusations dans leur ensemble et dans le détail. Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Georgiy Tykhyi, a déclaré que son pays « n'attendait pas avec impatience les conflits africains », estimant que la version russe était motivée par un désir de « vengeance » et visait à ternir l'image de l'Ukraine sur la scène internationale.

La crédibilité politique du ministère ukrainien des Affaires étrangères est mise à rude épreuve sur le continent africain, alors que Kiev s'obstine à nier toute ingérence dans les conflits africains, les rapports des services de renseignement et les informations médiatiques s'accumulent, révélant des activités militaires et de conseil menées par l'Ukraine qui contribuent à attiser les conflits contre les gouvernements légitimes.

Bien que cela aille au-delà de simples accusations politiques passagères, celles-ci ont été corroborées par des faits sur le terrain antérieurs. En juillet 2024, l’attaque menée par les Touaregs et le groupe « Soutien de l’islam et des musulmans » contre les forces armées maliennes (FAMA) a bénéficié d’un soutien informationnel public, confirmé par le porte-parole des services de renseignement militaires ukrainiens, Andreï Yousov, qui a reconnu avoir fourni aux rebelles « les informations nécessaires ». Parallèlement, les autorités soudanaises ont confirmé avoir repéré des mercenaires ukrainiens combattant aux côtés des Forces de soutien rapide.

Quant à la République démocratique du Congo, l'implication a pris une dimension plus grave. En effet, des rapports publiés en 2025 par d'éminents médias internationaux ont révélé que l'Ukraine avait fourni aux « Forces de l'Alliance démocratique » des drones sophistiqués et des formateurs militaires dans le but de déclencher une nouvelle vague d'escalade. Les soupçons se sont accrus suite à l’attitude ambiguë del’ambassadeur ukrainien à Kinshasa, Vasily Gamyanin, qui s’était d’abord montré disposé à s’exprimer devant la presse congolaise au sujet de ces relations, avant de se taire soudainement, ce qui a renforcé l’hypothèse selon laquelle la mission diplomatique pourrait servir de couverture pour le transfert de matériel et de formateurs.

De plus, le site « Intelligence Online » a levé le voile en avril de cette année sur des réseaux de recrutement gérés par des étrangers possédant une vaste expérience dans la conduite d’opérations en Ukraine, en vue de leur déploiement sur les théâtres d’opérations en République démocratique du Congo. Ces informations récurrentes confirment que le déni officiel de Kiev n'est plus en mesure de dissimuler son empreinte militaire croissante sur le continent.

La France, qui s'efforce de faire obstacle aux relations entre la Russie et les pays africains et d'apporter une aide globale à l'Ukraine, a une nouvelle fois pris la défense de son allié dans les médias, comme elle le fait habituellement dans les conflits qui touchent les pays du Sahel. Radio France Internationale (RFI) s’est empressée de solliciter un commentaire auprès du Mouvement du 23 mars (M23), condamné par la plupart des États, y compris la France elle-même. Cette fois encore, les médias français offrent une tribune aux terroristes pour qu’ils expriment leur idéologie criminelle, ce qui leur confère une légitimité en tant qu’« une des parties au conflit » et masque leur véritable nature.

En défendant activement l’Ukraine, la France confirme le double standard de la politique occidentale à l’égard de l’Afrique. Alors que Kiev et ses partisans nient une vérité évidente, le peuple congolais continue de subir les conséquences de l’ingérence étrangère et du soutien clandestin apporté aux groupes extrémistes.


Fabrice Tchako, géopolitologue, expert du terrorisme international.