Kinshasa – Contrôle technique : la RFCK dément les « fausses » accusations de détournement et apporte des précisions sur la procédure de collecte

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Dans un communiqué publié ce mercredi 2 septembre 2026, la Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) qualifie de « fausses informations » les chiffres qui circulent sur ses recettes et affirme avoir contrôlé 55 000 véhicules lors de sa première échéance.

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) dément les informations faisant état de 80 millions de dollars de recettes mensuelles issues du contrôle technique. Selon sa cellule de communication, ces chiffres relèvent d’une « pure fiction » et d’une « volonté manifeste de nuire » à ses responsables.

La RFCK réagit ainsi aux accusations diffusées sur les réseaux sociaux et visant notamment son directeur général, M. Kajos Kasinzi Mafolo Joseph. Selon l’institution, les recettes liées au contrôle technique ne sont pas directement perçues par la Ville de Kinshasa, qui ne disposerait pas de centres propres. Elles seraient encaissées conformément à un dispositif administratif et financier fixé par plusieurs arrêtés interministériels et provinciaux.

La régie conteste également l’interprétation faite des montants collectés. Elle précise que la rétrocession moyenne qui lui revient s’élève à 5,18 dollars par véhicule, au titre de la prime de mobilisation et de son fonctionnement. Selon le communiqué, la clé de répartition prévoit 37 % pour les ayants droit, tandis que 20 % sont actuellement rétrocédés au titre de la redevance attribuée à la RFCK.

Pour étayer son démenti, la RFCK met en avant le nombre de véhicules effectivement contrôlés. Kinshasa compterait entre 800 000 et un million de véhicules, selon l’estimation citée dans le communiqué. Pour la première échéance, fixée de septembre 2025 à mars 2026, l’objectif annoncé était de contrôler 100 000 véhicules.

La régie affirme en avoir contrôlé 55 000. Elle présente ce résultat comme une progression importante par rapport aux années précédentes, durant lesquelles les chiffres annuels seraient restés inférieurs à 5 000 véhicules. Pour la deuxième échéance, actuellement en cours, 13 000 véhicules seraient déjà enregistrés.

À partir de ces volumes et du montant moyen de 5,18 dollars qui lui reviendrait par véhicule, la RFCK estime que le chiffre de 80 millions de dollars par mois ne résiste pas à un calcul élémentaire. Elle accuse les auteurs de ces informations de chercher à alimenter une polémique autour de ses activités.

Une mission inscrite dans un cadre national

La RFCK rappelle par ailleurs que le contrôle technique obligatoire ne constitue pas une nouvelle mission créée exclusivement à Kinshasa. D’après le document, cette procédure existe depuis l’époque coloniale et a été maintenue sous les différentes républiques sous le nom d’« expertise ».

L’institution affirme que ses activités s’inscrivent dans le cadre des directives nationales relatives au contrôle technique des véhicules automobiles et des remorques en circulation en République démocratique du Congo. Elle renvoie notamment à un arrêté ministériel daté du 12 novembre 2025 et signé par le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba Gombo.

La régie indique enfin qu’une commission de l’Économie et des Finances de l’Assemblée provinciale de Kinshasa mène actuellement une mission de contrôle dans ses services. Elle dit accueillir cette démarche avec sérénité, tout en dénonçant ce qu’elle présente comme une agitation politique et médiatique sur les réseaux sociaux.

La RFCK assure vouloir poursuivre son action en faveur de la transparence, de la sécurité routière et du redressement des finances publiques de la capitale. Les chiffres avancés dans son communiqué restent toutefois ceux de l’institution elle-même et devront être confrontés aux documents comptables ainsi qu’aux conclusions de la mission de contrôle parlementaire.

Christian Dimanyayi