RDC : la vie reprend dans 10 villages du Nord-Kivu et de l'Ituri après les massacres des ADF

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Après plusieurs mois marqués par les violences des rebelles ADF, l’espoir renaît progressivement dans plus de dix villages situés à la limite entre les territoires de Beni, au Nord-Kivu, et d’Irumu, en Ituri. L’éducation, le commerce, l’agriculture et d’autres activités socio-économiques reprennent progressivement, même si les besoins humanitaires restent importants.

Reportage

De Mayi-Moya dans le secteur de Beni-Mbau jusqu’à la rivière Samboko, qui sépare le Nord-Kivu de l’Ituri, la vie reprend peu à peu son cours normal, a constaté le reporter de 7SUR7.CD qui a séjourné dans la zone.

Dans plusieurs villages de l’axe Mayi-Moya-Samboko, les écoles accueillent de nouveau les élèves, les structures sanitaires fonctionnent et les activités commerciales et agricoles se poursuivent. Un signe d’espoir pour les habitants longtemps éprouvés par les attaques répétées des rebelles ADF.

Les efforts des forces armées salués

Sur le terrain, le retour des habitants et la reprise des activités sont accueillis avec satisfaction. Les autorités locales et les membres de la communauté saluent les efforts des forces armées pour le rétablissement de la sécurité dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.

Paluku Bikutsa Kirongozi Richard, chef de la localité Bakila-Kiuskivi, et Salambongo, habitant de la région, affirment que plus de quarante mille familles ont déjà regagné leurs milieux de vie, notamment sur l’axe Mayi-Moya-Samboko et dans plusieurs villages de la localité de Samboko-Luna.

Cependant, le retour au bercail ne signifie pas la fin des difficultés. De nombreuses familles ont perdu leurs biens lors des incursions armées et peinent à reprendre une vie normale. D’où leur appel aux autorités compétentes et aux organisations humanitaires pour une assistance urgente, susceptible de faciliter la relance de leurs activités.

Des besoins urgents dans les secteurs de la santé et de l’éducation

Derrière cette reprise encourageante, les conséquences des violences restent visibles. À l’hôpital de Samboko, la prise en charge des malades se heurte à un manque criant d’infrastructures, après l’incendie du bâtiment par les rebelles ADF.

Kyakimwa Kibwana, infirmière au sein de cette structure sanitaire, décrit une situation préoccupante : faute de places suffisantes, les patients sont contraints de partager les mêmes chambres et les mêmes lits. Elle signale également les difficultés financières auxquelles font face certains malades, notamment les familles vulnérables et les éléments des forces de sécurité insolvables.

Dans les écoles, les difficultés persistent également. Plusieurs parents peinent à réunir les moyens nécessaires pour acheter les fournitures scolaires de leurs enfants, conséquence de la précarité économique aggravée par les violences armées.

Les usagers dénoncent les tracasseries routières

Autre préoccupation : le transport. Sur la route de desserte agricole, à la barrière située à l’entrée de Tsani-Tsani, les usagers dénoncent des tracasseries répétées qu’ils attribuent à des hommes armés non identifiés.

Ils déplorent la présence de plus de six services de contrôle sur un même axe routier. Une situation qui alourdit les charges des transporteurs et des commerçants, tout en risquant de détériorer les relations entre la population et les forces de sécurité.

Entre espoir et attentes

Pour rappel, plusieurs villages situés sur l’axe Mayi-Moya-Samboko, jusqu’en province de l’Ituri, ont subi de multiples attaques attribuées aux rebelles ADF au cours des deux dernières années. Ces violences ont entraîné la mort de centaines de personnes, des enlèvements ainsi que l’incendie de nombreux biens.

Aujourd’hui, si le retour des habitants et la reprise des activités témoignent d’une amélioration de la situation, les défis restent considérables. Pour les populations de cette zone frontalière entre le Nord-Kivu et l’Ituri, le véritable retour à la normale passe désormais par une sécurité durable, une assistance humanitaire adaptée et la reconstruction des infrastructures détruites.

Un espoir renaît donc sur l'axe Mayi-moya-Samboko Samboko et dans les villages environnants, mais les habitants attendent que cette accalmie se traduise concrètement par de meilleures conditions de vie.

Bantou Kapanza Son, de retour de Samboko-Tsani-Tsani