Bunia : près de 19 000 déplacés de guerre sans assistance après la fermeture du site Kigonze (OCHA)

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Près de 19.000 personnes déplacées internes se retrouvent sans aucune assistance humanitaire après la fermeture officielle du site de Kigonze, à la périphérie de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.

Selon OCHA, depuis le 20 septembre 2026, plusieurs incidents sécuritaires et une opération de bouclage menée par les forces de sécurité ont conduit à l’annonce officielle de la fermeture du site par les autorités provinciales.

Cette décision a eu des conséquences immédiates et dramatiques. Elle a entraîné la perte d’accès au site par les organisations humanitaires et le départ forcé de près de 19.000 personnes déplacées qui y vivaient depuis plusieurs années, fuyant les exactions des groupes armés dans les territoires de Djugu et d’Irumu.

Parmi les personnes ayant quitté le site, plus de 4 000 se sont réfugiées dans les quartiers périphériques de Bunia, notamment à Kolomani, Mudzipela et Bembeyi, où elles vivent dans des conditions extrêmement précaires, accueillies par des familles hôtes elles-mêmes vulnérables.

OCHA souligne en outre que d'autres personnes se seraient dispersées dans d’autres quartiers de la ville ou auraient tenté de retourner dans leurs villages d’origine, malgré la persistance de l’insécurité.

À en croire le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ces déplacés ont des besoins urgents en nourriture, abris, articles ménagers essentiels, eau, hygiène, santé et protection.

La situation est d’autant plus inquiétante que la dispersion des ménages accroît les risques de protection, notamment les violences basées sur le genre, l’exploitation et les recrutements forcés.

Aussi, elle perturbe gravement la scolarité des enfants, qui pour la plupart ont abandonné l’école après la fermeture du site, et complique le suivi des contacts liés à Ebola, en pleine résurgence épidémique dans la province de l’Ituri.

Les acteurs humanitaires alertent sur une crise humanitaire silencieuse et appellent les autorités provinciales et le gouvernement central à trouver une solution durable et digne pour ces 19.000 personnes, conformément aux principes humanitaires et au respect des droits des déplacés internes.

Le rapport de l'OCHA soulignent que les autorités provinciales ont indiqué que la fermeture du site de Kigonze vise à lutter contre l’insécurité grandissante dans et autour du site devenu, selon elles, un foyer de criminalité, et à encourager le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine.

Joël Losinu, à Komanda