Le Laboratoire de recherches en sciences de l’information et de la communication (LARSICOM) a conçu LISUNGI AI, une plateforme d’intelligence artificielle spécialisée dans les sciences de l’information et de la communication. Elle a été présentée ce mardi 20 octobre 2026, lors d’une conférence de presse à Kinshasa. L’outil propose des fonctionnalités de recherche documentaire, d’assistance à la rédaction et de vérification des faits, destinées notamment aux chercheurs, aux journalistes et aux professionnels de la communication.
Cette solution entend répondre aux limites des outils d’intelligence artificielle généralistes, notamment la production de références scientifiques fictives et la prise en compte insuffisante des réalités congolaises.
Pour les chercheurs, LISUNGI AI propose un espace de recherche documentaire donnant accès, selon ses concepteurs, à des millions d’articles scientifiques spécialisés en sciences de l’information et de la communication. La plateforme permet également de vérifier la similarité des textes, de créer des questionnaires et d’analyser les résultats recueillis.
Pour les journalistes, elle intègre des fonctionnalités d’assistance à la rédaction, de vérification des faits et de revue de presse. Elle doit notamment permettre de vérifier des images, des contenus et des citations, ainsi que de collecter des informations publiées sur Internet et les réseaux sociaux. Un espace est également prévu pour accompagner les professionnels de la communication dans la production de contenus adaptés à leurs besoins, notamment dans le domaine de la publicité.
Autre particularité annoncée : l’intégration des quatre langues nationales de la RDC, à savoir le lingala, le swahili, le kikongo et le tshiluba. Cette fonctionnalité doit faciliter la traduction de discours et les échanges avec les populations locales.
La présentation de LISUNGI AI intervient à l’occasion des quatre ans d’existence du LARSICOM. Son président, le professeur Pierre Nsana, a dressé le bilan des activités du laboratoire, marqué par quatre acquis majeurs.
Le premier concerne le développement d’une dynamique de recherche collective, notamment à travers des rencontres scientifiques consacrées au journalisme.
Le deuxième porte sur la production et la valorisation des connaissances. Le laboratoire a notamment mené des études sur la désinformation en contexte électoral et sur les discours médiatiques pendant les élections de 2023. Il a également renforcé sa politique de publication et la visibilité de ses travaux scientifiques.
Le troisième acquis concerne l’engagement dans le débat public. En février 2025, en collaboration avec Internews, le LARSICOM a mené une campagne médiatique en faveur du droit d’accès à l’information publique en RDC, à travers des émissions radiophoniques, des podcasts et des supports numériques.
Enfin, le quatrième acquis porte sur l’ouverture et le renforcement de la crédibilité institutionnelle du laboratoire, grâce à des collaborations avec des institutions universitaires, des organisations professionnelles, des partenaires techniques et des acteurs publics.
Les nouveaux métiers de la communication au cœur de la saison scientifique 2026-2027
La saison scientifique 2026-2027 sera placée sous le thème : « Nouveaux métiers de la communication : identités, pratiques et régulations ».
Le LARSICOM entend ainsi approfondir la réflexion sur l’évolution des métiers de la communication en RDC. Son directeur scientifique, le professeur Claude Mukeba, a annoncé des travaux axés sur trois dimensions : l’identité des professionnels de la communication, leurs pratiques et la régulation du secteur.
La démarche prévoit l’organisation de panels réunissant des professionnels, suivie d’un appel à propositions scientifiques ouvert aux chercheurs du LARSICOM et d’autres institutions. Elle vise notamment à mieux comprendre et à encadrer un secteur en pleine évolution.
Créé en 2022, le Laboratoire de recherches en sciences de l’information et de la communication (LARSICOM) mène des travaux sur les enjeux médiatiques, les pratiques journalistiques et les transformations numériques. Il ambitionne notamment de produire des connaissances scientifiques, de favoriser le dialogue entre chercheurs et professionnels et de contribuer à la compréhension des enjeux de l’information et de la communication en RDC.
Merveil Molo