Affaire Metalkol: Chengtun Congo Resources (CCR) dénonce un "tissu de mensonges" et met Africa Intelligence en demeure

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L'État congolais a déployé une mission de contrôle mixte sur le site de Metalkol, dans la province du Lualaba. Relayant cette opération, Africa Intelligence a évoqué une prétendue résistance de Chengtun Congo Resources (CCR). Des allégations que l'entreprise rejette fermement.

Au cours d'une conférence de presse tenue ce jeudi 22 octobre à Kinshasa, son conseil, Me Guy Mafuta Kabongo, a exigé la publication intégrale de son droit de réponse dans un délai de 48 heures. À défaut, a-t-il prévenu, CCR saisira les juridictions compétentes.

Selon l'avocat, CCR conteste en bloc les accusations visant la société et son CEO Afrique, Wu Yicong, qualifiées dans son droit de réponse de "tissu de mensonges", d'allégations inexactes et dépourvues de preuves.

Concernant les informations selon lesquelles Wu Yicong aurait été visé par une mission du Conseil national de sécurité (CNS), CCR précise qu'il occupe les fonctions de CEO Afrique du groupe Chengtun Mining Group et non de Directeur Général de CCR, qui dispose de son propre comité de gestion. L'entreprise affirme par ailleurs qu'il ne se trouvait pas en République Démocratique du Congo au moment des faits évoqués.

Elle demande en conséquence à Africa Intelligence de produire les documents officiels étayant ses affirmations, notamment un ordre d'opération ou une notification du CNS.

Sur le prétendu dispositif illégal d'achat de minerais, CCR assure exercer ses activités dans le strict respect de la législation congolaise. Elle affirme exiger systématiquement des négociants les documents légaux requis ainsi que les preuves de paiement des taxes et impôts dus à l'État, et n'acquérir que des minerais dont la traçabilité peut être établie.

Dans son droit de réponse, CCR nie toute relation commerciale ou tout flux financier avec la coopérative Hosanna, qu'elle dit ne pas connaître, et rejette les allégations selon lesquelles Wu Yicong lui aurait apporté des capitaux.

L'entreprise conteste également tout lien professionnel, commercial ou substantiel entre son dirigeant et Luilu Resources, qu'elle présente comme une société concurrente appartenant à un autre groupe.

S'agissant de la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, CCR nie toute relation avec la coopérative qui lui serait attribuée et réfute toute allégation de financement. Ses relations avec le Gouvernorat se limitent, selon elle, aux échanges professionnels habituels.

CCR rejette par ailleurs les accusations relatives à des coups de feu présumés. Elle soutient que ses agents de sécurité ne portent pas d'armes à feu et qu'elle ne recourt pas à des militaires pour sécuriser ses installations, à l'intérieur comme à l'extérieur. Elle dit n'avoir reçu aucune demande d'explication, notification d'enquête ou convocation des autorités à ce sujet.

Enfin, sur les allégations selon lesquelles des dividendes auraient servi à financer le clan Kabila, CCR retrace l'historique de Kalongwe Mining. Selon elle, une filiale détenue à 100% par Chengtun Mining Group a acquis en mars 2020 la totalité de Nzuri Copper Limited, société cotée à l'Australian Securities Exchange (ASX) et détenant indirectement Kalongwe Mining. À cette période, GICC détenait encore 10% de Kalongwe.

En avril 2021, Chengtun affirme avoir racheté cette participation de 10%, mettant fin à toute relation commerciale avec GICC.

Or, ajoute CCR, Kalongwe Mining n'est entrée en production qu'en 2023 et ne disposait donc d'aucun revenu d'exploitation permettant le versement de dividendes avant cette date. D'éventuels dividendes n'auraient pu être versés qu'à partir de 2024, soit après la fin de ses relations avec GICC.

En conclusion, CCR formule trois exigences à l'égard d'Africa Intelligence: la présentation d'excuses publiques, la publication intégrale de son droit de réponse sous 48 heures et la production des preuves à l'appui de chaque allégation contestée.

Prince Mayiro