Tshuapa : des députés provinciaux de l’Union sacrée accusent le gouverneur de mauvaise gestion et réclament sa déchéance

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Un groupe de députés provinciaux de la Tshuapa, membres de l’Union sacrée de la Nation, a retiré sa confiance au gouverneur Yambe Itoko Armand.

Dans une déclaration rendue publique à Boende le 25 octobre 2026, ils demandent au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’au vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, de s’impliquer pour entériner la déchéance du chef de l’exécutif provincial.

Les élus provinciaux justifient leur décision par plusieurs griefs liés à la gestion de la province, notamment les absences prolongées du gouverneur, la gestion des finances publiques et ses relations avec les députés qui l’avaient porté à la tête de la province.

« Nous, députés provinciaux de la Tshuapa, tous membres de l’Union sacrée de la Nation, qui avons élu à l’unanimité Monsieur Yambe Itoko Armand, gouverneur de province, déclarons ce qui suit : après un long moment d’observation et d’orientation, nous avons pu constater et tirer les conclusions suivantes : Monsieur Yambe Itoko Armand est un incompétent qui ne peut pas continuer à diriger notre province, surtout par ses longues absences inexpliquées qui plongent la province dans des incertitudes inavouées », déclarent-ils.

Les signataires mettent également en cause la gestion financière du gouverneur, qu’ils accusent de consacrer les ressources provinciales à des dépenses improductives et de ne pas les affecter suffisamment aux besoins de la collectivité.

« Monsieur Yambe Itoko Armand n’a pas de notion de gestion orthodoxe, mais plutôt [c’est] un homme de luxe qui brûle toutes les finances dans ses aventures improductives. Tous les fonds issus de la Régie ne profitent qu’à ses propres poches », dénoncent-ils.

Sur le plan sécuritaire, les députés reprochent au gouverneur de n’avoir pas pris publiquement position contre la guerre d’agression dont la République démocratique du Congo est victime, ni alerté la population sur cette situation.

« Aucune déclaration ou prise de position contre la guerre d’agression, ni encore une mise en alerte de sa population depuis que le pays est agressé », écrivent-ils dans leur déclaration.

Les élus dénoncent par ailleurs une rupture des relations entre le gouverneur et les députés provinciaux qui l’avaient soutenu lors de son accession à la tête de la province. Ils affirment que Yambe Itoko Armand aurait pris ses distances avec les 18 élus concernés.

« Monsieur Yambe Itoko Armand préfère tourner le dos à tous les 18 députés de l’Assemblée provinciale qui l’ont porté au pouvoir pour s’aventurer devant n’importe qui », soutiennent-ils.

Au regard de ces différents griefs, les signataires annoncent officiellement le retrait de leur confiance au gouverneur et sollicitent l’intervention des autorités nationales.

« Par conséquent, nous, la majorité que forme l’Assemblée provinciale de la Tshuapa, retirons toute notre confiance à Monsieur Yambe Itoko Armand, en sa qualité de gouverneur de province », déclarent-ils.

Dans leur démarche, ils demandent au chef de l’État et au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, de prendre les dispositions nécessaires dans le respect des textes légaux en vue de la déchéance du gouverneur.

« Nous demandons à Son Excellence Monsieur le président de la République, chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions du pays, ainsi qu’au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, de s’impliquer à bon escient et dans le strict respect des textes légaux afin d’accepter la déchéance de Monsieur Yambe Itoko Armand de ses fonctions de gouverneur de province de la Tshuapa pour dispositions utiles », demandent-ils.

Cette déclaration place désormais le dossier du gouverneur Yambe Itoko Armand entre les mains des autorités nationales, auxquelles les députés provinciaux de l’Union sacrée demandent de donner suite à leur démarche. Les griefs formulés dans ce document constituent les motifs avancés par les élus pour justifier leur retrait de confiance.

Raphaël Kwazi