RDC : la CORAP exige la transparence dans les négociations avec Perenco et la réparation des dommages environnementaux

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La Coalition pour le respect des droits humains (CORAP) appelle le gouvernement congolais à publier l’intégralité de l’audit environnemental relatif aux activités pétrolières de Perenco à Muanda, dans la province du Kongo-Central. Dans un communiqué publié mercredi 28 octobre, dont une copie a été consultée par 7SUR7.CD, cette organisation réclame la transparence dans les négociations financières avec cette entreprise, ainsi que des mesures concrètes pour réparer les dommages environnementaux et sanitaires subis par les populations.

La CORAP évoque notamment les préoccupations soulevées par Human Rights Watch concernant les sites de torchage situés à proximité des habitations, le brûlage des déchets pétroliers et les problèmes de santé signalés par des riverains. Elle déplore également le manque de transparence en ce qui concerne les données relatives à la pollution détenues par Perenco et les autorités congolaises.

« Les données, les résultats de l’audit et les mesures de contrôle doivent être rendus publics et soumis à un examen indépendant », insiste l’organisation.

Dans ses recommandations, la CORAP demande la publication de tous les documents issus de l’audit environnemental, y compris les rapports intermédiaires et leurs annexes. Elle exige également la divulgation des données sur la pollution de l’air et des sols détenues par Perenco, l’Office congolais de contrôle et le ministère de l’Environnement.

L’organisation appelle par ailleurs le gouvernement à rendre publiques les mesures correctives envisagées pour lutter contre la pollution de l’eau, de l’air et des sols, en précisant les responsabilités des acteurs concernés ainsi que le calendrier de mise en œuvre des recommandations de l’audit.

Sur le plan financier, la CORAP réclame la transparence sur les négociations et les accords avec Perenco, notamment en ce qui concerne les montants réclamés, les éventuelles concessions et les sommes effectivement recouvrées.

« Les négociations portant sur les obligations fiscales de Perenco ne doivent pas se dérouler dans l’opacité, ni reléguer au second plan la protection des populations et la restauration des milieux affectés », souligne-t-elle.

Pour la CORAP, la situation de Muanda constitue un test majeur de la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo.

« La richesse pétrolière ne peut justifier le sacrifice des droits, de la santé et des moyens de subsistance des populations », conclut l’organisation, qui appelle les autorités à faire primer l’intérêt public sur les arrangements conclus.

La coalition exige par ailleurs un suivi indépendant et régulier de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, avec un accès public aux résultats. Elle demande enfin la dépollution des sites, la restauration des milieux dégradés et la réparation des préjudices établis, aux frais de l’entreprise responsable et avec la participation effective des communautés concernées.

Sandrine Fundi