Nord-Kivu : MSF dénonce des restrictions néfastes imposées par le FRN dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles

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L'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce des mesures restrictives imposées depuis plusieurs mois par le Front pour la refondation de la nation (FRN), ex-AFC/M23, dans la province du Nord-Kivu.

Selon l'ONG, ces dispositions compromettent gravement l'accès aux soins pour les victimes de violences sexuelles et exposent davantage les survivantes à de nouveaux risques.

Dans un communiqué publié ce lundi 02 novembre et dont une copie est parvenue à 7SUR7.CD, MSF affirme que les autorités de facto du Nord-Kivu ont instauré plusieurs exigences jugées contraires aux principes médicaux et humanitaires.

Parmi elles figurent l'obligation de présenter des blessures visibles pour qu'un cas de violence sexuelle soit reconnu, la réalisation d'examens physiques qualifiés d'intrusifs, ainsi que l'obligation pour les victimes de se présenter à la police avant de solliciter des soins médicaux.

Seules les personnes arrivant dans les 72 heures suivant l'agression seraient également éligibles à une prise en charge.

MSF dénonce également l'utilisation de formulaires contenant des questions qu'elle juge « intrusives, stigmatisantes et non essentielles », notamment sur l'identité des survivantes et des auteurs présumés.

Certains établissements soutenus par MSF révèlent une baisse de 41 % du nombre de personnes ayant sollicité une prise en charge pour les cas de violences sexuelles entre janvier et août 2026, indique le communiqué.

« Rendre la crise moins visible ne fait pas disparaître la violence sous-jacente. Une baisse du nombre de cas signalés ne signifie pas que les violences sexuelles sont en recul. Cela signifie simplement que les victimes se heurtent à des obstacles pour accéder à des soins sûrs et confidentiels », a déclaré Akke Boere, Directrice des opérations de MSF.

L'ONG indique avoir mené plusieurs discussions avec les dirigeants du FRN, lesquels auraient pris des engagements en octobre dernier pour corriger la situation mais sans aucune mesure concrète actuellement.

Alphonse Muderwa