La République démocratique du Congo va bénéficier de 15 millions de dollars supplémentaires de l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI) pour soutenir la gestion durable des bassins d’approvisionnement de Kinshasa et renforcer le mécanisme des Paiements pour services environnementaux (PSE) dans les provinces de l’Equateur et du Maï-Ndombe. La mise en œuvre de ce second volet du Programme d’appui aux bassins d’approvisionnement de Kinshasa (PROBAK) sera assurée par le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le protocole d’accord a été signé vendredi 30 octobre à Kinshasa, en marge de la clôture de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat (SENAC 2). Cette enveloppe constitue le deuxième volet du PROBAK, dont le financement global s’élève à 30 millions de dollars.
Le premier volet de 15 millions de dollars avait déjà été initié en mars 2026 avec le CFC/FERMI dans le Kwango et à Nioki. Ce second volet de 15 millions de dollars confie au WWF l’exécution des opérations dans les provinces de l’Equateur et du Maï-Ndombe.
Le projet vise notamment à développer l’agriculture durable et l’agroforesterie, à mettre en défense les savanes, à favoriser le reboisement destiné au bois-énergie et à renforcer la conservation communautaire à travers la gestion durable de près de 27 forêts des communautés locales (CFCL). Plus de 150.000 hectares sont concernés, pour près de 183.000 à 185.000 bénéficiaires directs.
« Dans cette nouvelle phase du partenariat entre CAFI et la RDC, nous voulons focaliser nos interventions autour des investissements basés sur la performance et la démonstration des résultats. C’est dans ce sens qu’ensemble avec la RDC, le mécanisme des Paiements pour Services Environnementaux (PSE) a été lancé », a déclaré Jules Katubadi, expert au Fonds CAFI.
Il a ajouté que CAFI entend poursuivre son soutien à la RDC « dans la préservation de ses forêts et la lutte contre la pauvreté en créant des alternatives pour les communautés locales qui fournissent ces services environnementaux ».
Le projet prévoit également des outils rigoureux de suivi géoréférencé et de vérification indépendante selon la norme ISO. L’objectif est de mesurer l’impact des investissements et de conditionner le versement des paiements aux résultats effectivement vérifiés sur le terrain.
« La pression et les besoins de desservir Kinshasa en denrées alimentaires sont énormes. Nous voulons accompagner les populations avec des pratiques durables de manière, d’un côté, à fournir des denrées alimentaires et, de l’autre côté, à les rémunérer pour leurs efforts », a expliqué Laurent Nsenga, gestionnaire de projets au WWF-RDC.
Selon lui, après vérification des résultats, les paiements seront effectués directement aux bénéficiaires à travers le système Mobile Money. « C’est l’une des innovations que CAFI a souhaité implémenter avec le gouvernement », a-t-il précisé.
Les opérations de terrain du projet sont prévues sur cinq ans, de 2027 à 2031. Elles s’appuieront sur des ONG locales dans les territoires ciblés, notamment Lukolela, Bikoro et Ingende dans la province de l’Équateur, ainsi que Kutu, Kwamouth, Yumbi, Mushie et Bolobo dans le Maï-Ndombe.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du déploiement à l’échelle nationale du mécanisme des PSE. Le portefeuille national concerne déjà 12 provinces et intègre d’autres initiatives régionales, notamment un programme de 115 millions de dollars d’investissements touchant la RDC, la République du Congo et la République Centrafricaine, ainsi qu’un soutien direct de 21 millions de dollars aux organisations nationales congolaises.
Le gouvernement, CAFI et WWF présentent ainsi le PROBAK comme un instrument destiné à concilier développement rural, protection des forêts et résilience climatique. Le mécanisme repose notamment sur une rémunération des communautés en fonction des résultats obtenus en matière de préservation des écosystèmes.
Avec cette nouvelle enveloppe de 15 millions de dollars, le défi sera désormais de transformer ces financements en revenus durables pour les populations de l’Equateur et du Maï-Ndombe, tout en produisant des résultats vérifiables en matière de conservation des forêts, de production agricole durable et de résilience climatique.
Alphonse Muderwa