Massacres des civils à Beni : Un élu fustige "le manque de volonté politique qui laisse dérouler un plan d’extermination de la population"

Publié mar 23/07/2019 - 13:00
7sur7

Les massacres des civils dans la région de Beni, en province du Nord-Kivu, inquiètent au plus haut point les élus de cette circonscription, qui ne s’empêchent d’avancer plusieurs causes qui seraient à la base de la persistance de cette insécurité.

Dans une exclusivité accordée à 7SUR7.CD ce mardi 23 juillet à Goma, Jean Paul Paluku Ngahangondi dénonce "un manque de volonté politique, vu que les autorités en place, notamment le chef de l’État, n’arrivent pas à tenir leurs promesses."

Selon lui, le commandement des FARDC en province et celui de la MONUSCO, ont failli à leur mission et laissent faire ce qu’il qualifie de "plan d’extermination de la population de Beni, en particulier et de l’est de la RDC en général."

"Au mois d’avril dernier nous (députés) étions avec le président de la République ici à Goma, nous lui avons remis notre mémo contenant des recommandations pour sécuriser la province et il nous avait promis la mise en place des opérations militaires sérieuses, mais on ne voit rien venir, on ne voit pas vraiment de volonté, le gouvernement central ne fait rien, et on est déçu car en votant en croyait voter pour le changement, mais c’est la continuité", tonne le député Ngahangondi.

La déclaration de ce député intervient au lendemain de deux nouvelles attaques simultanées des présumés rebelles ADF dans le territoire de Beni qui ont coûté la vie à 9 personnes et 4 blessées à Oïcha-Mabasele et 3 autres morts à Eringeti-Centre.

Lors de son passage au Nord-Kivu en avril 2019, le président de la République Félix Tshisekedi avait promis à la population un maintien de l’ordre "irréprochable". Pendant ce temps, les structures citoyennes de Beni tracent un table sombre d’environ 2.000 personnes abattues par les rebelles dans la zone depuis 2013.

Glody Murhabazi depuis Goma