Dissolution de l'Assemblée nationale : "Il ne faut pas jeter les articles de la constitution en pâture" (Mabunda) 

Publié mar 21/01/2020 - 16:34
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En réagissant à la menace du chef de l'État de dissoudre l'Assemblée nationale, la présidente de l'Assemblée nationale a appelé à ne pas jeter en pâture les articles de la constitution qui ont défini toutes les dispositions nécessaires en cette matière. 

C'était au cours de la cérémonie d'échange des vœux organisée ce mardi à Kinshasa, entre la présidente de la chambre du Parlement et la presse tant nationale qu'internationale.

"Il ne faut pas jeter les articles de la constitution en pâture, à des incompréhensions ou des malentendus. L'article 148 parle bien de la dissolution du parlement. Dans le cas précis, il y a des conditionnalités. Il faut qu'il y ait une crise persistante entre le gouvernement et la chambre basse du Parlement. Ce qui, pour l'heure, n'est pas le cas, puisque le programme du gouvernement et le budget ont été votés au-delà de notre propre majorité parlementaire", a déclaré Jeanine Mabunda.

Par ailleurs, a-t-elle enchainé, "selon le prescrit de cet article, le président de la République est invité, dans le cadre de cette crise, à consulter le premier ministre, le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat".

À en croire la speaker de l'Assemblée nationale, aller à l'encontre de l'article 148 de la Constitution  est constitutif de l'infraction de haute trahison. 

"Avant toute décision, faute de quoi, on serait dans une violation des textes qui est régie par l'article 165 de la constitution qui dit que toute personne qui méconnaît notre loi fondamentale peut être exposée au cas de haute trahison pour violation intentionnelle de la constitution. Je ne cite que les articles, je ne prends pas position", a-t-elle souligné.

J. Mabunda a, par la même occasion, dit avoir eu un échange "franc de plus de deux heures" avec le président Tshisekedi avant de son départ de Londres, au cours duquel la dissolution de la chambre basse du Parlement était évoquée. 

Dimanche dernier devant la diaspora congolaise vivant à Londres, au Royaume-Uni, le chef de l'État avait menacé de dissoudre l'Assemblée nationale. Il a indiqué que, pour l'instant, il n'y a pas crise pour y parvenir mais "si certains membres du gouvernement l'empêchent à réaliser sa mission de servir le peuple congolais, l'Assemblée nationale sera dissoute". 

Merveil Molo et Prince Mayiro