Haut-Katanga : Mettre fin à la dépendance agricole, une des ambitions du gouverneur Kyabula

7SUR7

Dès sa prise des fonctions à la tête de la province du Haut-Katanga, Jacques Kyabula va faire de l'agriculture sa priorité et organiser une table ronde quand à ce.

Parmi les résolutions, figuraient la subvention des paysans. C'est ainsi qu'il va réactiver les projets comme celui des villages agricoles dont l'un est situé à Kapolowe Gare à 100 km de Lubumbashi dans le territoire de Kambove.

"Le village agricole est un projet du gouvernement provincial qui encadre les paysans. Ce village agricole compte plus ou moins 5.000 hectares et nous encadrons les bénéficiaires sur les 1.000 hectares", explique Mputu Tshombi, responsable de ce site.

Dans le cadre de ce projet, le gouvernement provincial du Haut-Katanga fournit des intrants aux paysans qui par la suite, lui rétrocédent entre 10 à 30% de leur production.

Selon Mputu Tshombi, cette politique agricole porte déjà ses fruits.

"Bien avant, les gens quittaient ici pour aller loin et chercher le maïs. Mais actuellement, nous recevons même les gens de Kolwezi qui viennent acheter le maïs ici. Les gens n'ont plus besoin d'aller chercher leur maïs en ville parce qu'ils ont leur mais ici", affirme cet encadreur des paysans haut-katangais de ce territoire.

Mangombo situé sur la route de Likasi, et Mwaisei sur la route de Kasumbalesa, sont deux autres villages agricoles déjà opérationnels. 

L'exécutif provincial du Haut-Katanga annonce pour bientôt la mise en place de ce projet dans les territoires de Pweto et Kapolowe.

Autres résultats de cette stratégie appliquée depuis plus ou moins une année, le Haut-Katanga n'a pas connu des pénuries des maïs en 2020 et la Zambie n'a pas fermé ses frontières comme dans le passé à cause de la réduction de la demande.

Au delà de l'exploitation agricole, le gouvernement provincial s'attèle également à la transformation des maïs sur place. Ainsi, il travaille en partenariat avec quelques minoteries se trouvant à Lubumbashi comme Go-Congo.

"Nous avons actuellement reçu dans nos dépôts 2.200 tonnes de maïs sur un total de 4.800 en provenance de la province que nous allons moudre pour fournir environ 7.500 sacs des farines tous les mois pour la province", assure Fransceco Monta.

L'objectif ultime du gouvernement Kyabula est de réduire au maximum la dépendance agricole et l'importation surtout des maïs en provenance de la Zambie voir de l'Afrique du Sud, assurer l'autosuffisance alimentaire et devenir le grenier de la République.

Mais cette ambition du gouvernement provincial du Haut-Katanga aussi noble soit elle, est buttée à quelques difficultés.

"Ce que le gouverneur est en train de faire est un pas, mais il faut chercher à ce qu'il y ait la mécanisation de l'agriculture parce que nous avons vu que quand c'est fait à la main, certains agriculteurs sont un peu plus lent et donc la mécanisation va permettre la culture de plus d'hectares et réduire la dépendance, aussi avoir plus des minoteries pour moudre ces maïs sans oublier les silos", suggère Jean-Luc Kapend, coordonnateur des mouvements citoyens du Haut-Katanga.

Le défi énergique doit également être relevé pour permettre aux minoteries de tourner en plein régime, chose qui n'est pas le cas actuellement, renchérit cet activiste.

Loin de baisser les bras, Jacques Kyabula et son gouvernement affirment qu'ils sont là pour agir et annoncent des récoltes sur plus de 11.000 hectares cette année et 20.000 pour l'année prochaine.

Quant à la mise sur le marché des premiers sacs des maïs made in Katanga, elle se fera dans les prochains jours, rassure le gouvernorat du Haut-Katanga pour un prix fixé à 20.000 FC le sac de 25 kg.

Elysée Odia