Albert Yuma : "La RDC n'est pas prête pour adhérer à la ZLECAF"

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Au cours d'une table ronde sur les enjeux économiques de l'heure organisée à Kinshasa, le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) est revenu sur la loi autorisant la ratification par la République démocratique du Congo de l'Accord portant création la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). 

Albert Yuma a rappelé que la position du patronat congolais face à cette question était négative. À l'en croire, les conditions ne sont pas réunies pour que le Congo-Kinshasa adhère à la ZLECAF. 

"La FEC a été appelée au Parlement, l'Assemblée nationale et le Sénat réunis, pour donner son point de vue et ses arguments. Nos arguments étaient négatifs. Les conditions ne sont pas réunies. Il est inévitable qu'on devra s'ouvrir au continent africain mais on vient de parler de ce qui est plus important, c'est l'industrie. Nous n'avons pas encore l'industrie, nous n'avons pas les produits manufacturés que nous pouvons, nous, livrer dans d'autres pays", a-t-il déclaré. 

Et de renchérir : "Il ne faudrait pas qu'on ait échappé aux occidentaux pour qu'on redevienne, pour nos frères africains, simplement un déversoir de leurs produits et nous, on continue à exporter les produits primaires. Ce n'est pas une bonne chose. Nous ne sommes pas prêts, nous devons encore nous construire".

Cependant, il a indiqué que la FEC ne pouvait pas s'opposer à la ratification de cet accord, car la RDC assume pour le moment la présidence de l'Union africaine (UA).

"La FEC devait-elle s'opposer à la ratification au moment où le chef de l'État est président de l'Union africaine ? Non ! Mais la FEC a donné au gouvernement et l'Assemblée nationale une liste des conditions suspensives à l'adhésion effective et à l'application des termes de la ZLECAF dans notre économie et nous veillerons à ça. Le premier ministre qui est en fonction, quand il nous avait reçus, nous lui avons redonné les mêmes conditions suspensives et nos priorités pour que la RDC soit effectivement ouverte à tout vent, aux pays africains", a dit Albert Yuma. 

Pour le président de la FEC, il faudrait, dans le cadre de la ZLECAF, amener les entreprises congolaises à être compétitives vis-à-vis de celles des autres pays de l'Afrique. 

"Je pense que le moment venu, le gouvernement se remettra autour de la table avec nous pour qu'on impose à nos partenaires nos conditions, qu'on amène à condition d'être compétitives vis-à-vis de celles des autres pays africains", a soutenu le numéro un du patronat congolais.

Pour rappel, la loi autorisant la ratification par la RDC de l'Accord portant création de la ZLECAF a été adoptée au Parlement congolais au mois de janvier de l'année en cours. Le président de la République Félix Tshisekedi devra, sauf imprévu, promulguer cette loi en vue de l'adhésion du pays dans cette zone de libre-échange africaine.

Prince Mayiro