RDC - UA : Des experts du secteur hydraulique appellent à une gestion efficiente du bassin du Fleuve Congo

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Les défis de la gestion des ressources en eaux du bassin du Congo ont été au cœur des échanges entre plusieurs chercheurs, scientifiques et juristes Congolais ce mercredi 13 octobre au centre culturel CEPAS à Kinshasa, dans la commune de la Gombe.

A l’initiative du panel chargé d’accompagner le mandat présidentiel de la RDC à l’union africaine, ces experts ont examiné les aspects juridiques et institutionnels pour une gestion intégrée et communautaire des ressources en eau du bassin du Congo.

À la presse, le professeur Ntumba Lwaba rappelle que la RDC a tout intérêt à capitaliser la gestion de ces ressources hydrauliques avant que la guère de l’eau ne lui tombe dessus.

« Rien que le bassin du fleuve Congo représente 62% des eaux africaines. Donc, on ne peut pas ne pas assurer une gestion efficiente parce que ç’a des retombées. C'est une ressource rare. On a parlé même que dans les jours à venir, il y aura la guerre de l’eau. Vous savez, il y en a qui veulent même venir prendre l’eau du Congo ici pour alimenter leurs lacs qui dessèchent, sans compter le risque de pollution que courent nos eaux (...) »,  a averti le professeur Lwaba, coordonateur de ce Panel présidentiel.

Un avis appuyé par le professeur Raphaël Tshimanga Muamba, directeur du centre de recherches en resources en eau du bassin du Congo, qui estime qu’il manque à la RDC un cadre de gestion intégrée et communautaire afin de tirer véritablement profit de ses ressources en eau et atteindre les objectifs de développement durable (ODD) assignés par l’organisation des Nations-Unies d’ici 2030.

Dans ce même ordre d’idée, le professeur François Bokona, doyen de l’académie des sciences sur le bassin du Congo, explique que cette gestion intégrée de cette ressource hydraulique passera inéluctablement par des mécanismes d’unification des ordres normatifs à travers toute la région occupée par ce bassin.

« Parmi nos recommandations, on demande de réfléchir sur des mécanismes d’unification des ordres normatifs parce que s’agissant de la même ressource qui est partagée entre plusieurs états, il est tout à fait indiqué que cette ressource soit prise en charge juridiquement par les mêmes règles, les mêmes normes. Il n’est pas bon que nous puissions connaître des dispersions de règles, les régimes juridiques à géométrie variable pour un même objet. Ce ne serait pas du tout efficace (pour la gestion des eaux du bassin du Congo que la RDC contient à 98%, ndlr) », a soulevé pour sa part le prof Bokona qui est également membre de la cour constitutionnelle en RDC.

Ce bassin, rappelons-le, couvre 4 millions de km² et s'étend sur 6 pays dont le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon.

Moise Dianyishayi