RDC - 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre : les députées Mabunda et Vuanga notent des progrès mais relèvent qu’il y a encore plusieurs défis à relever 

7sursept

La cause de la femme progresse incontestablement en RDC mais il reste encore plusieurs défis énormes à relever.  

Des femmes politiques, panélistes, parmi lesquelles Jeannine Mabunda (ex-présidente de l’assemblée nationale) et Christelle Vuanga (présidente de la commission femme, genre, famille et enfant de l’assemblée nationale) l’ont dit ce jeudi 25 novembre à Sultani Hôtel de Kinshasa, au cours du "News Forum", une émission-événement d’ACTUALITÉ.CD, en marge des « 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre », des femmes politiques.

La présidente honoraire de la chambre basse du parlement Jeanine Mabunda appelle à la conjugaison d'efforts entre les institutions étatiques et les organisations de la société civile pour relever ces défis. 

 "S'il ya eu de progrès c'est par ce qu'il ya eu des précurseurs qui ont osé dénoncer et ces précurseurs étaient des victimes elles-mêmes. Il est important de travailler la main dans la main. Seule la société civile activiste des droits de l'homme ne peut pas y arriver parce que vous avez besoin de la justice, vous avez besoin des hôpitaux de l'Etat. Les 16 jours d'activisme n'est qu'un éclairage une forme qu'on donne à la question mais ça doit être un combat permanent tant par les lois que par l'état d'esprit, la culture que nous donnons." a-t-elle indiqué.

Mabunda a insisté sur la mobilisation des financements en faveur des États qui promeuvent le genre.

"Moi je plaide quand même pour un incitatif international qui donnerait peut-être un peu plus de soutien financier aux pays qui sont sensibles à la question des violences basées sur le genre "

Pour sa part, Christelle Vuanga, députée nationale et présidente de la commission femmes, genres, familles et enfants à l'assemblée nationale,  craint que ces violences considérées autrefois comme arme de guerre dans les zones en conflits de la RDC devienne une coutume dans toutes les parties de la RDC au regard du taux croissant des victimes reçues dans différentes structures d'encadrement même dans les zones hors conflits.

"Hier on recevait dans l'Est du pays les victimes des violences sexuelles qui venaient des zones de conflits mais aujourd'hui les victimes ne viennent pas seulement des zones des conflits. On craint que hier la violence sexuelle qui était une forme d'arme de guerre puisse se muer en déviation culturelle dans les habitudes de la société. On viole pour paraître homme même les féticheurs quand vous allez chercher des fétiches ils vous demandent de violer même quand il ya cambriolage", a-t-elle affirmé. 

Christelle Vuanga appelle aussi les premières personnes en contact avec les victimes après viol ou violence conjugale à jouer un rôle capital dans la gestion des violences basées sur le genre parce que, estime-t-elle, certains magistrats  "envoient les victimes à  faire un arrangement à l'amiable au niveau de la famille". Elles sont souvent condamnées à cohabiter avec leurs bourreaux, a-t-elle déploré. Elle a par ailleurs insisté sur l'indépendance financière de la femme.

Notons que la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre est un événement international annuel qui débute le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuit jusqu’au 10 décembre, date de la Journée des droits humains. Elle sert de cadre stratégique aux personnes et organisations du monde entier qui appellent à l’action pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.

Christel Insiwe