Patrick Muyaya : "Les incitations à la haine tribale et ethnique, l’apologie de certaines valeurs négatives ne devraient pas être concernées par la dépénalisation des délits de presse"

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Dans son discours à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des états généraux de la communication et médias ce mardi 25 janvier 2022 à Kinshasa, le ministre Patrick Muyaya s'est montré pour la énième fois favorable à la demande récurrente de la corporation des journalistes congolais sur la dépénalisation des délits de presse.  

Le porte-parole du gouvernement est pour l'idée d'une réduction du taux de peine et d'un dédommagement en lieu et place d'emprisonnement du journaliste.

"Il existe un débat au sein de la profession depuis plusieurs mois. Il porte sur la dépénalisation. Faut-il poursuivre ou arrêter un journaliste pour des propos tenus dans l’exercice de son métier et qui affectent la réputation d’une personne morale ou physique ? Sans entrer dans un débat de droit, je note, par exemple, l’idée qui a émergée au sein de la corporation que la dépénalisation devrait concerner la réduction de taux de peine. Cela impliquerait l’instauration de dédommagement en lieu et place de l’emprisonnement pour des infractions telles que la diffamation et l’outrage envers les autorités publiques", a-t-il dit.

Par contre, Patrick Muyaya a précisé que cette réduction de taux de peine ne devrait pas concerner des discours à caractère régionaliste qui, selon lui, récusent la richesse de la diversité culturelle de la RDC.

"Les incitations à la haine tribale et à la haine ethnique, l’apologie de certaines valeurs négatives ne devraient pas être concernées par cette dépénalisation. Il est hors de question de tolérer des discours de haine qui récusent la richesse de notre diversité culturelle et nient tant les valeurs démocratiques", a-t-il précisé. 

Et de poursuivre : "En attendant la suite à donner à cette idée de réforme, une des options préconisées vise la prise d’un moratoire sur les faits infractionnels commis par les journalistes, dans la perspective de la dépénalisation des délits de presse. A ces travaux, nous devons honnêtement nous regarder dans les yeux et nous interroger sur notre sens de responsabilité et notre professionnalisme, préalable à toute dépénalisation. Il est aussi question de protéger la vie privée et les libertés des autres".

Le président de la République, accompagné du premier ministre et des présidents de deux chambres du parlement, a donné le go de ces travaux qui vont se clôturer le 28 janvier prochain. 

Moise Dianyishayi