Lualaba : l'élection du successeur du gouverneur Muyej doit avoir lieu, le ministre de l’intérieur Aselo s'est trompé devant les sénateurs 

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"Quant à la situation de la province du Lualaba pour laquelle je me suis exprimé autant de fois et j'en ai déjà marre. Le gouverneur de province n'ayant pas perdu son mandat par l'une des causes précitées (destitution, révocation, mise en accusation, décès, empêchement définitif, démission, motion de censure) suivant l'arrêt de la Cour constitutionnelle RCONST 1653 du 10 octobre 2021, il n'y a donc pas une vacance", a affirmé le ministre de l'intérieur, Daniel Aselo, devant les sénateurs lors d'une plénière qui s'est tenue la semaine dernière. 

Cette déclaration a jeté un pavé dans la marre au sein de l'Assemblée provinciale du Lualaba qui l’avait destitué par 11 voix sur 20 pour détournement de 300 millions $ sur base d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF).

D'ailleurs, le président de l'Assemblée provinciale du Lualaba s'était fait le devoir de notifier le procureur général près la Cour de cassation. Une copie pour information de cette résolution avait été transmise aux institutions du pays notamment le président de la République. 

Toutes les tentatives du camp Muyej pour faire annuler cette décision s'étaient soldées par un échec. La Cour d'appel du Lualaba et la Cour constitutionnelle, s'étaient, tour à tour, déclarées incompétentes pour statuer sur le recours des avocats de Muyej. 

« L'on se demande alors si le ministre de l'intérieur a fait fi de la décision des élus provinciaux ou s'il s'est carrément trompé. Tout porte à croire que la deuxième hypothèse est plausible. », selon un député de l’assemblée provinciale du Lualaba. 

Le Lualaba est, à ce jour, dirigé par Fifi Masuka, gouverneure intérimaire. Convoqué à Kinshasa peu avant la conférence des gouverneurs, Muyej n'est plus jamais retourné dans sa province depuis plus d'un an. Si c'est bien lui l'autorité provinciale comme laisse entendre D. Aselo, qu'est-ce qui justifie sa présence dans la capitale ? 

La réponse pousse à conclure que l'histoire de Muyej comme gouverneur du Lualaba est à conjuguer au passé. 

Cette province devait donc figurer sur la liste de celles dites "à problème" où la CENI a organisé les élections des gouverneurs et vice-gouverneurs.

Il est temps de rectifier le tir concernant le Lualaba en donnant la possibilité aux élus provinciaux de choisir le successeur de Muyej. 

CP