Sud-Ubangi 1 - ENAFEP : le taux de participation des filles baisse de 4% par rapport à 2021 suite au « mariage précoce » (IPP)

Droits tiers

L'inspecteur principal provincial de l'Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) en province éducationnelle Sud-Ubangi 1 alerte sur la baisse de 4 % de taux de participation des filles à l'Examen de fin d'études primaires (ENAFEP) en 2022 par rapport à l'année scolaire passée.

Émile Kimpumpu Munkina l'a fait savoir dans une interview accordée à 7SUR7.CD le samedi 02 juillet 2022 à Gemena, capitale provinciale du Sud-Ubangi.

« Les inscrits pour l'ENAFEF au cours de l'année scolaire 2021-2022 s'élève à 40.377 candidats. Le nombre de filles s'élève à 17.560 tandis que les garçons sont au nombre de 22.817 (...) Les 17.560 filles représentent 43% de l'ensemble du total des inscrits pour cette évaluation. [Ndlr : Comparativement] aux statistiques de l'année passée qui s'élevaient à 41.529, vous trouvez que celles de 2021 sont supérieures à celles de 2022. Mais il faut encore aller plus loin pour dire que même chez les filles, quelque soit la gratuité [Ndlr : de l'enseignement] nous avons constaté que les statistiques des filles n'ont pas évolué. Au contraire, elles ont baissé sensiblement. Tenez, l'année passée les statistiques des filles s'élevaient à 18.262 et cette année c'est 17.560 quand vous faites la différence vous trouvez qu'il y a 702 filles de moins que l'année passée. Ce qui représente au moins 4% de déperdition des filles tout simplement », a confié l'inspecteur principal provincial du Sud-Ubangi 1, Émile Kimpumpu Munkina.

Il indique que cette baisse de 4% de taux de participation des filles à ces épreuves nationales est consécutive au mariage précoce, d'une part et à l'irresponsabilité des parents d'autre part.

« Le chef de l'État, au travers de son excellence ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique, a sensibilisé les parents sur la gratuité. Partout à l'école primaire publique on ne paie rien. Mais ce qui nous surprend ce que au lieu que les statistiques aillent à la hausse, [Ndlr : ça] va à la baisse. Pour moi, je peux dire qu'il y a deux faits majeurs qui expliquent cette situation : avant même de terminer la classe de 6e année beaucoup de filles abandonnent l'école pour un mariage précoce (...) et il y a aussi l'irresponsabilité des parents », a-t-il renchéri.

Dans la foulée, Émile Kimpumpu Munkina appelle les parents à bien encadrer leurs filles pour leur donner la chance de terminer leurs études.

Il sied de signaler que l'Examen national de fin d'études primaires (ENAFEP) prendra au total 2 jours soit du 05 au 06 juillet 2022 conformément au calendrier réaménagé publié par le ministère de l'EPST.

César Augustin Mokano Zawa, à Gemena