Nord-Kivu : La MONUSCO condamne le regain des violences à Butembo

Photo : Droit tiers

Depuis le début des manifestations anti-MONUSCO la semaine du 25 au 31 juillet 2022, la ville de Butembo peine à reprendre son rythme habituel.

Alors que les soulèvements anti-casques bleus s'estompaient peu à peu, la situation a de nouveau empiré après l'attaque des rebelles ADF contre la prison centrale de Kakwangura dans la nuit du mardi au mercredi 10 août dernier. Puis, une manifestation signalée depuis le matin du vendredi 12 août dans la partie nord de la ville qui a semblé venir mettre de l'huile au feu.

Pour la seule journée du vendredi 12 août, l'armée a dressé un bilan de 4 policiers tués, en plus de certains autres blessés dont le commandant second de la police dans la ville. 3 jeeps des services de l'ordre ont aussi été incendiées. Les autorités soupçonnent les Maï-Maï Baraka de s'être infiltrés au sein de la population civile pour entretenir ces violences.

À ce sujet, la mission onusienne se dit très préoccupée par la situation. Dans un communiqué de presse publié le vendredi 12 août, la MONUSCO a condamné fermement ces violences. Elle a par ailleurs exprimé sa solidarité au gouvernement congolais qui a perdu 4 de ses agents de sécurité. Tout en appelant à l'apaisement, la mission onusienne réitère sa volonté à protéger les civils et à accompagner les services de défense congolais.

« La MONUSCO condamne vigoureusement le regain des violences à Butembo et exprime sa solidarité aux autorités congolaises à la suite de l’assassinat d’agents des forces de défense et de sécurité et des membres de la population civile dans la ville. La mission est extrêmement préoccupée par l’hostilité grandissante, les menaces contre la population, les agents assermentés et le personnel des Nations-Unies », écrit-elle dans son document parvenu à 7SUR7.CD ce samedi 13 août 2022.

Selon les autorités militaires, le drame qui a coûté la vie à 4 policiers le vendredi 12 août dernier était parti d'une résistance des civils contre le passage des véhicules onusiens à Kangothe, au nord de Butembo. Malheureusement, tout a dégénéré quand les services de sécurité sont intervenus pour tenter de contenir la situation.

La tension est ainsi montée d'un cran, les activités ont été paralysées dans une bonne partie de la ville. Jusqu'à 20h du même vendredi, des tirs ont été entendus dans la partie nord. Après une nuit relativement calme, ce samedi 13 août encore, sous une pluie fine, certains tirs ont été audibles le matin, certaines artères ont de nouveau été barricadées par des manifestants.

Isaac Kisatiro, à Butembo