Insécurité au Maniema : « Nous souhaitons que le Gouvernement fasse signe d'intérêt à la population de Kabambare qui se sent abandonnée », (Matata Ponyo)

Droits tiers

Des parlementaires haussent le ton contre la terreur qui bat son plein dans le territoire de Kabambare au sud de la province du Maniema. 

Avec en tête Augustin Matata Ponyo, ces élus ont réclamé l'implication en toute diligence du Gouvernement pour des solutions idoines à cette insécurité grandissante. C'était lors des échanges ce lundi 23 janvier 2022 avec le ministre des Droits humains, Albert Fabrice Puela. 

« Nous sommes venus porter la voix du peuple de la province du Maniema parce que la population de Kabambare se sent abandonnée. Il y a des endroits où il n'y a pas des policiers. S'il n'y a pas des policiers, le pouvoir a horreur du vide et les rebelles occupent l'espace. Il est important que le ministère des Droits humains, de l'Intérieur et de la Défense expliquent à la population du Maniema ce qui se passe réellement », a déclaré l'ancien premier ministre Matata. 

Et de souligner : « Au 21è siècle, on ne peut pas dénuder une femme ou  une fille. Imaginez-vous l'honneur que nous avons envers nos mamans. Lorsqu'elles sont dénudées et fouettées pour avoir porter une jupe qui arrive jusqu'aux genoux, c'est inadmissible. Est-ce que nous sommes dans un État de droit ? Si oui, mais pourquoi est-ce que certaines personnes sont abandonnées ? La population de la province du Maniema est abandonnée et les faits sont là. Nous souhaitons que le Gouvernement fasse signe d'intérêt à cette population qui, en ce moment, se sent abandonnée ». 

Par la bouche du sénateur Matata, ces parlementaires ont déploré le laxisme de l'exécutif provincial du Maniema.

« Le gouvernement provincial n'a rien fait. Vous pouvez vous imaginer que le gouvernement provincial prêche pour une collusion entre la police, l'armée et la rébellion. C'est inacceptable ! C'est pour la première fois qu'on voit dans ce pays que le gouverneur prêche pour un travail d'ensemble entre la rébellion, la police et l'armée », s'est indigné A. Matata. 

Se montrant optimiste, le ministre de Droits humains a planché sur une mission conjointe Gouvernement - Parlement dans cette partie du pays. 

« Nous avons échangé avec cette délégation. Nous osons croire que nous le ferons également avec le Premier ministre pour qu'une mission conjointe Gouvernement - Parlement puisse se rendre à Kabambare. On a prétendu qu'on ne peut pas arriver à ce milieu là. Je pense qu'il y a lieu d'y arriver pour rassurer nos compatriotes que le Gouvernement prend à bras-le-corps ce problème qui nous préoccupe au plus haut point », a fait savoir F. Puela. 

Au Maniema, le territoire de Kabambare est en proie à l'insécurité. Les miliciens y sèment terreur notamment à Salamabila. Une vidéo montrant des femmes subir des actes de torture et de violence perpétrés par des personnes non autrement identifiées, a fait le tour de la toile le week-end dernier. 

Merveil Molo